#125

Il a neigé cette nuit: toits & ciel de la même couleur, blanc-bleuté.

Grand silence à l’extérieur, on se croirait un dimanche. Et à l’intérieur, la même lumière blanche que dehors.

Le Père Noël est donc passé, et avec lui son cortège de mauvaises expériences — train supprimé, train glacial, train en retard, train puant — et de bons souvenirs — le grand & beau salon nouvellement aménagé dans la grange chez mon frère, faire joujou avec la bébé chienne, s’endormir à la lueur des braises, le visage de maman lorsqu’elle découvrit que ma soeur lui offrait… une échographie! (j’avais deviné! Comment se fait-il que j’étais le seul à m’être rendu compte qu’elle est enceinte?)

Profité de mes longs, ô combien longs, voyages en train (kill sncf die die die), pour terminer quelques livres: Bedknob and Broomstick de Mary Norton (amusant mais décidément bien trop désuet pour être lu autrement qu’au second degré), The Amazing Maurice and His Educated Rodents de Terry Pratchett (du Pratchett en grande forme, très amusant, quoique je trouve cependant que sa verve prenne toujours la même forme — beaucoup de ressemblances avec le cycle des « nomes »), et Jordan Fantosme de Jean-Baptiste Evette, superbe roman paru chez Folio (de plus en plus fiévreux & enténébré au fur et à mesure qu’avance l’intrigue, & toujours d’un style superbe, à la fois chargé & dynamique: un roman selon mon coeur, sujet & style! Seul menu reproche: quelques patronymes sont trop évidemment empruntés à des célébrités littéraires de l’époque victorienne — Hornung, Nikola —, ce qui en fait des clins d’oeil très visibles. Mais pour le reste, quelle maestria, je suis époustouflé! Sans doute l’un des plus beaux romans sur Londres qu’il m’ait été donné de lire).

Lu hier soir, juste reçu: N.ous R.êvions d’A.mérique, par Thomas Day (chez Baleine, collection « Série grise », ça sort en janvier en librairies). Une nouvelle, en fait, pas un roman. Fort bien écrite, mais très linéaire, et… what is the point? Un vieil homme amérindien part à San Francisco commettre un acte irréparable & définitif. Bien. Et alors? Malgré toute mon amitié pour Thomas Day, je ne comprend pas vraiment. Lu sans déplaisir, certes, mais sans vraiment savoir apprécier. Il me semble que ce « roman » manque de développements, il aurait fallu plus décrire, détailler, allonger la description du voyage, afin de bien s’imprégner du personnage. Là je suis demeuré trop extérieur.

#123

Je ne vais jamais au cinoche. Vraiment jamais. Pas assez de temps pour tout faire: il y a quelques années, j’ai décidé qu’il fallait que quelque chose « cède » — ce fut le cinéma, alors que j’y allais pourtant au moins une fois par semaine. Mais je n’ai pas assez d’une vie pour faire tout ce que je voudrais faire! Alors tant pis, plus de cinéma, ça m’a libéré du temps pour d’autres choses, surtout la lecture, encore la lecture, toujours la lecture — passion dévorante…

Mais là, j’avoue tout de même une réelle curiosité quant à un film: The Lord of the Rings, bien sûr. Pas relu le(s) livre(s) depuis quelques années (pour Cartographie du merveilleux je me suis contenté de « seulement » relire le début, tout le départ de la Comté — et ai alors réalisé que ça occupait tout de même une bonne part du premier volume! Un bon moment, une fois de plus), mais je les ai tant aimé étant plus jeune… Oui, réelle curiosité.

Bon, j’attendrai forcément janvier — y’aura moins de monde. Et pourvu qu’une salle propose la VO.

Un article sympa: Rings of Fire.

#122

Ah, bah: j’vous l’avais bien dit, qu’en décembre je ne serais guère capable d’écrire sur mon weblog… Rien à dire, rien à écrire, puisque je ne vis plus: boulot-dodo, boulot-dodo, boulot-dodo, that’s all. L’aliénation de Noël. En rentrant, certains soirs, j’ai l’impression que ma cervelle est comme une laitue passée au micro-onde…

Peu d’avance dans mes lectures. Récupéré un petit guide de Londres, encore un! City Secrets London (chez The Little Bookroom, New York). Chaque lieu y est commenté par un romancier, artiste, architecte, conservateur de musée, journaliste, poète, etc. Et chacun nous revèle un lieu qu’il aime, en parle vite & bien… Un guide éminement subjectif, donc, et c’est là toute sa sympathique richesse. Des tas de petites trouvailles à faire dans ces pages, c’est sûr, comme me l’a prouvée la rapide lecture/exploration que j’en ai fait hier soir entre deux papillotements de yeux…

#121

Non-fiction: lu, il y a déjà quelques semaines mais j’avais oublié d’en parler, Naissance de la police privée (Détectives et agences de recherches en France, 1832-1942), par Dominique Kalifa (Plon, 2000).

Le sous-titre dit tout… Depuis le fameux Vidocq jusqu’à l’aube de la Deuxième guerre mondiale, ce bouquin à la fois passionnant & amusant (à mon goût!) explore, documente et commente l’histoire d’une profession plutôt bizarre et finalement méconnue — où la fiction empiète constamment sur la réalité, les privés (réels) usant et abusant de la réputation flatteuse que leur métier a acquis en littérature ou au cinéma… Pseudos extravagants, mentors fictifs, réputations largement aidées par la « réclame », romans ou « mémoires » aidant à leur notoriété… Tous les moyens semblaient bon pour faire passer les détectives privés pour des héros de fiction policière…

J’ai lu cet essai pour un travail que je fais (des nouvelles policières), mais avec grand plaisir. Un sacré boulot de défrichage d’un domaine assez obscur, somme toute.

Maintenant, toujours en « non-fiction », j’avance tranquillement dans L’architecture du XXe siècle, par Peter Gössel & Gabriele Leuthäuser (chez Taschen). Un magnifique pavé, pas cher puisque chez Taschen, à jour puisque complété récemment pour boucler le siècle — et absolument fascinant, pour l’amateur d’architecture que je suis. Tout le siècle se déroule pas à pas, avec de très nombreuses photos, des plans, des tas d’explications… C’est génial, j’ai l’impression de tout comprendre! I like that! 😉