#75

Comment? Un dimanche et je ne me suis même pas donné la peine de poster quelque chose?

Ben non, en tout cas pas pour l’instant: je viens de terminer la maquette d’un bouquin (Étoiles Vives n°9, à sortir en janvier) — content d’être débarrassé de ce boulot assez chiant & dont je n’avais plus l’habitude — et du coup je continue un peu sur ma lancée. Je change la maquette du blog! Hum, vous trouvez ça comment? J’hésite encore…

#74

Lu: Slow News Day par Andi Watson (fascicule n°2, chez Slave Labor Graphics).

Encore une bande dessinée, donc. Et également dans ce style que l’on nomme si aptement la « ligne frêle » — de manière plus poussée encore que Christopher, en fait: Andi Watson a adopté pour son nouveau feuilleton un style encore plus épuré, encore plus charbonneux, encore plus stylé, que dans son (excellente) oeuvre précédente, Breakfast After Noon. En cela, il suit les traces des français Dupuy & Berbérian, ou de François Avril (lui-même est anglais).

Et quoique publié aux États-Unis, il livre une fois encore une histoire typiquement britannique, puisqu’on y suit le séjour d’une jeune journaliste américaine ayant décidé d’aller bosser quelque temps dans un petit canard minable d’un bled anglais, afin de se donner une expérience — en vue de la réécriture d’un scénario pour Hollywood qu’elle a peaufiné avec son boyfriend.

Il s’agit d’une comédie de moeurs, aux personnages très attachants — quant au dessin, ah mama mia! quel bonheur… Quasiment chaque case est une merveille de stylisation. Pour l’heure, Andi Watson n’est toujours pas publié en traduction française — dommage, car c’est, à mon goût, l’un des graphistes actuels les plus excitants.

#73

Un nouveau site, passionnant! Fantastic Metropolis.

La présentation: « The focus of the Fantastic Metropolis website is cast directly upon those murky edges of genre and non-genre works, which explore the vague recesses of fiction and Humanity, the fantastic and the horrific. You will find no David Eddings here, nor Robert Jordan, nor even venerable Isaac Asimov. This site is devoted solely to those writers that have been laboring away to create newness and vitality in a stagnant marketplace. There is no Product here; only Art. We take fantastica seriously here. Dead seriously. »

Et je confirme: ils se prennent un peu trop au sérieux… Mais c’est quand même très, très intéressant!

#72

Lu: Papier Peint, par Christopher (chez La Comédie Illustrée).

Il s’agit d’une bande dessinée, deuxième tome de la série « Les Filles », par un dessinateur anglo-marseillais (!) vivant à Tours & auto-édité. Pas de grande aventure, pas non plus de super-pépées aux nibars surgonflés, non, ce n’est pas de la « bédé », mais bien de la bande dessinée, c’est-à-dire une oeuvre d’auteur, qui ne prend pas ses lecteurs pour des crétins. C’est la vie quotidienne d’une poignée de filles — avec leurs déboires, leurs peines de coeur, leurs mecs, leurs jobs… Enfin, surtout leurs mecs, d’ailleurs. Et ils sont chiants, ces mecs! Une horreur…

C’est délicieux, très amusant, à la fois réaliste & comédie, quelque part entre le roman naturaliste & la sitcom de télévision. Quant au dessin, il est d’une suprême élégance — un trait léger et pur, du côté de la « ligne claire » ou de la « ligne frêle ». Tiens, vous connaissez les Monsieur Jean de Dupuy & Berbérian? Christopher joue dans les mêmes registres, tant graphiques que scénaristiques — mais en appuyant sur l’aspect quasiment « pièce de théâtre » de ses mises en situation. Vraiment j’aime énormément — et je me demande comment il fait pour concevoir des « non intrigues » pareilles… On s’attache vite aux filles, c’est certain. Le premier tome, Pyjama Party nous les faisait découvrir lors d’une longue conversation nocturne entre filles — cette fois c’est la vie de tous les jours, et les imbroglios sentimentaux.

Un joli moment de fraicheur.

#71

Lecture en cours (à part The Onion Girl, que je savoure): La mort du nécromant, par Martha Wells (traduit chez l’Atalante).

Très plaisant, de la pure littérature d’évasion & d’aventure. C’est une sorte de version fantasy d’Alexandre Dumas rencontre Rocambole. Ou de Laurent Kloetzer réécrivant Maurice Leblanc, quelque chose comme ça… Le héros est une sorte d’Arsène Lupin dans une grande cité imaginaire (nommée Vienne!) entre Renaissance & ambiance steampunk, avec une invasion d’abominables goules qui commence… Tous les clichés (archétypes?) du genre sont réunis, avec quelques métissages rigolos, plein de péripéties — c’est vraiment un plaisir!