#5073

Ah, pétard de sort. Cette nuit, allant m’endormir enfin, j’eus une scène qui me trotta en tête, un élément d’explication parfait pour mon roman. Ce matin, en revenant du marché l’air frais m’ayant mis en forme, j’écrivis quelques fragments, j’ajoutai quelques phrases à des scènes un peu trop courtes ; j’étais content, bien parti. Et puis le boulot, une relecture de maquette qui mangea toute la journée, sans que je puisse écrire encore. Ce soir soudain me revient que j’avais trouvé quelque chose – et je me creuse maintenant la cervelle pour retrouver le fil nocturne… j’en ai un bout, mais pas encore tout…

#5071

D’ordinaire, durant la période estivale je mets l’édition en pause et me consacre essentiellement à l’écriture de tel ou tel livre. Cette année hélas, une telle respiration ne m’est guère possible, entre des bouquins à boucler, des changements à gérer, des projets à mener et des travaux à suivre, la coupe est pleine. C’est donc seulement le week-end, cet été, que, m’étant trouvé une rurale résidence d’écriture, je fais retraite pour essayer de rédiger le huitième Bodichiev, Les Mystères de l’Empire, à l’ombre des grands cyprès. Un roman écrit dans la chaude senteur de résine.

#5068

Quelques pas pour réfléchir et, comme l’on ramasse des coquillages sur la plage, je me penche sur des artefacts déposés par la nature : feuille morte craquante du magnolia, lambeau d’écorce à l’élégance minimaliste, pomme de pin, branchette… À la place de la mer, il y a le murmure du feuillage des grands arbres.

#5066

Afin de gagner ma résidence d’écriture du week-end, il y a une bonne vingtaine de minutes de marche à pied depuis un terminus du tram. Je me suis donc de nouveau levé à 7h ce matin, pour faire le trajet à la fraîche. Agréable impression de havre lorsque j’atteins ces prairies et ces grands arbres au-dessus desquels tourne l’appel sifflé des éperviers. Un air frais coule encore à cette heure. Je pense être proche de terminer la première partie de mon roman — sans doute la plus importante en nombre de signes.

#5060

Il y a des insomnies fructueuses, où j’écris de longs passages… et la nuit dernière, qui ne fit naître que ceci, que je vais bien trouver à utiliser malgré tout : « Des épures à l’eau-forte de corbeaux et de mouettes, et une mer querelleuse ».