#2364

Mars m’a tuer. Ce fut un mois un peu rude : le voyage à Londres était über agréable mais ultra fatiguant ; la petite bronchite n’arrangea rien ensuite ; le salon du livre de Paris fut comme il se doit épuisant au dernier degré ; et non encore remis, le week-end dernier ce fut un autre salon, à Bordeaux. Lors de la fête d’hier soir j’étais K.O. et tout fondu, je me sens moulu, la cervelle enchiffrenée (« comme un chiffon froissé »), les yeux qui piquent, le cou endolori… Au point que j’ai arrêté de bosser, tout à l’heure, à la fois trop crevé pour continuer et pas assez peut-être pour faire une nouvelle sieste, tendu, lessivé… Ai été un peu me promener, papoter avec des copains libraires, acheter du chorizo espagnol frais… Enfin, le quotidien va retrouver ses marques, le corps s’apaiser, les habitudes de lecture, d’écriture, de boulot, de facebooking, de blog… reprendre leurs droits.

#2362

Je disais hier ne plus écouter autant de musique qu’auparavant, en particulier parce que la musique étant pour moi en grande partie un partage intime, je n’ai plus, seul, le « réflexe musique ». Pourtant j’en écoute toujours, mais plutôt selon des modes différents de l’écoute ponctuelle : une journée ou deux je réécoute tout Coltrane, ou tout Soft Machine, ou tout Nucleus (groupe anglais de jazz-rock de Ian Carr, peu connu en France je crois), ou bien encore beaucoup de Phillip Glass et/ou de Steve Reich. Binge listening ?

#2361

À la recherche d’un bout de texte que je ne retrouve que sur papier (vais devoir le retaper), je tombe sur un mien billet datant d’août 2008. À l’époque, j’écrivais : « je ne peux parler de tout ce qui m’intéresse, sur ce blog, et par conséquent je « zappe » généralement la bédé et la musique. Pour cette dernière, la raison en est que j’ai l’impression à la fois qu’il est excessivement difficile de parler de musique de manière intéressante — en tout cas, intéressante pour quelqu’un qui ne connaît pas déjà ladite musique ; et puis, parce que pour moi, finalement, la musique est quelque chose d’assez intime. Souvent l’objet d’un partage avec une autre personne. […] La musique, c’est une émotion très personnelle, la BO de relations humaines qui me sont chères. »

C’était il y a 8 ans et depuis mon écoute la musique s’est singulièrement amoindrie : ne plus avoir à domicile un « DJ personnel » comme c’était encore le cas en 2008, quelqu’un qui mette de la musique, me manque et à « cassé » mon approche des disques. je ne suis pas réellement parvenu à revenir au fait d’écouter seul, de mettre seul de la musique. Pourtant, j’ai un plein mur de CD et pas mal de LP, mais ce n’est que sporadiquement que j’écoute quelque chose, et je n’achète presque plus rien depuis longtemps. Hier encore j’ai hésité devant un CD et ne l’ai pas acheté, sachant qu’en vérité je ne l’écouterai guère — non par manque de goût, mais par manque de geste quotidien d’écoute, par perte d’habitude de la musique comme environnement de vie. La musique pour moi n’est plus un flot mais un filet sporadique, une envie ponctuelle… à défaut de partage.

(ah ah : mon assistant écoute du métal, je déteste ça !)

#2357

Je n’envie pas les habitants de Paris, ville dont à chaque séjour je ne vois guère que la saleté des trottoirs, la laideur de grandes rues qui ne différent que par le nom du kebab et celui de la supérette (Dia ou Franprix), l’encombrement et la surpopulation, les couloirs infinis du métro, l’entassement architectural… C’est moche, j’aime pas. Pour cette fois cependant mon excellent camarade Julien avait déniché une location pour la team ovin fort belle et calme, un loft aménagé dans un ancien atelier ; verrières, terrasses, hamac, nid de marsupilami et bric-à-brac de déco pseudo baba. Twas nice. Et la petite fête du samedi soir bien amusante, réchauffante au sein de l’épuisement et de l’insolite d’un salon qui me vit serrer la main de Névant, taper la bise à Marie Masson, trouver le manteau de Fabrice Colin ou réaliser que j’ai 35 ans d’édition dans les pattes (si, j’y ai vendu des livres, aussi)… [photo © Jérôme Vincent]

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#2356

Mon excellent camarade Laurent Queyssi non seulement publie chez les Moutons électriques un non moins excellent roman, Allison, qu’il signera pour toutes les premières commandes, avis avis! Mais en plus il fait depuis quelques temps une bien chouette newsletter, « Seul à Zanzibar », sorte de blog posté par mail, et il a du talent l’animal, moi je dis.

Et je viens de recevoir un mail d’Alain Juppé, aussi — c’est fou. Qui m’invite à la soirée de réception pour la 14e Escale du Livre de Bordeaux, le salon qui va se tenir le premier week-end d’avril. Les Indés y auront cette fois un petit stand, yeaaaah, tenu par les Moutons (Jules, Mérédith et André), et bien entendu les Bordelais viendront y signer : Laurent Queyssi, Nicolas Labarre, Ludovic Lamarque, Patrick Marcel + le nouvel auteur des Mnémos, vivant près d’Arcachon, G. D. Arthur.

Mais bon, cette semaine c’est un autre salon, et pas le moindre, tout le monde sur le pont: celui de Paris. Avec d’ailleurs aussi Queyssi et Lamarque en signature, notamment.