#2260

Bonheur, il fait presque froid… Étrange temps, où l’on passe de la grande chaleur à une pluie froide et drue, dans un fracas de ciel tombant sur nos têtes.

Ces deux prochains jours, bouclage de Fiction tome 15 en compagnie de Jean-Jacques Régnier, rituel deux fois l’an. Puis une réunion éditoriale. J’ai fini un papier sur Mayfair 1920 et de brèves vacances s’approchent. Après une délicieuse cure de Wodehouse, je commence à relire les Christopher Fowler, la série des « Bryant and May », lamentablement non traduite en français, savez pas c’que vous perdez de bon. Pure littérature de et sur Londres. Le premier se déroule sous le Blitz.

Les commentaires du blog ne fonctionnent toujours pas, c’est idiot. Est-ce parce que je n’ai pas envie de donner des titres à mes billets? Zut, quoi, c’est un journal, depuis quand on met autre chose que la date, pour une entrée de journal?

#2257

C’était dimanche dernier, en tout début d’après-midi. Quelqu’un sonna à la porte: oups, j’avais presque oublié qu’un journaliste voulait m’interviewer, pour un site web, un blog vidéo ou quelque chose comme ça. Bon, eh bien pourquoi pas.

Ce fut surréaliste.

Mon intervieweur a d’abord voulu que je lui parle de Philip K. Dick (sujet que je connais fort mal), puis il eut envie que j’évoque la question de la gnose chez Dick. La question de la quoi? Là-dessus, Axel sortant de la douche pénètre en slip dans le salon. Puis le journaliste veut qu’on continue dans le couloir — le minuscule bout de couloir obscur où contre un mur s’étagent les stocks VPC des Moutons électriques. Et de m’interroger en s’agenouillant contre la porte des WC… Je ne sais ce que va être le résultat de ces acrobaties physiques et verbales, mais croyez-moi, je ne vais pas essayer de me regarder!

#2253

La plupart de mes lectures sont dictées ou sont en lien périphérique avec mes travaux d’écriture. Qu’il s’agisse de me documenter ou plus simplement de m’entretenir dans une certaine ambiance, par exemple, et je ne saurai m’en plaindre car somme toute je ne travaille jamais que sur des sujets que j’ai choisi. Reste que cela écarte forcément d’autres lectures, et qu’ainsi trônent dans mon salon les derniers Murakami et Lodge, non lus depuis pas mal de mois déjà. Tout ça pour dire qu’ayant eu une idée d’article et après une petite discussion avec mon camarade Raphaël, je relis du Michael Moorcock. Le cycle d’Oswald Bastable, le nomade du temps. Et bon sang de bois que c’est bien !

Je n’avais plus lu du Moorcock depuis une bonne dizaine d’années, je le crains. Le fascinant Mother London et, un peu plus tard et pour un éditeur, son hélas très médiocre suite. Renouer avec cet excellent écrivain est un plaisir. Il y a tant et tellement à lire, la vie et les choix de circonstances nous poussent dans diverses directions et ainsi, tout en sachant fort bien que des auteurs comme Fritz Leiber, Ursula Le Guin ou Michael Moorcock, pour n’évoquer que trois géants du domaine des « littératures de l’imaginaire » (je n’aime guère ce terme fourre-tout…), sont excellents, je les ai trop peu lus ou relus ces dernières années. Et l’autre soir je me demandais vaguement qui je pouvais considérer comme étant mes « auteurs préférés ». En entendant par cette expression des auteurs que j’aime suivre de près, dont je lis tout ou presque, et de façon assez régulière. C’est la lecture ces derniers mois de tous les polars de Dorothy L. Sayers et de Margery Allingham, deux autrices que j’ai absolument adoré et auxquelles je reviendrai assurément, une telle assiduité sur ces deux seules autrices, qui m’a conduit à cette petite réflexion… Allez, liste-mania, en désordre…

• Christopher Isherwood — au point d’également suivre ses rares adaptations ciné, moi qui ne suis pas cinéphile.
• Patrick Modiano — intéressant documentaire il y a quelques soirs de cela sur Fr5.
• Haruki Murakami — en version anglaise ou française, indifféremment.
• David Lodge.
• André Franquin.
• Seth — le bédéaste canadien.
• Hubert — scénariste français de bédé, dont chaque projet, pourtant chaque fois très différent, me plaît absolument.
• Lewis Trondheim.
• Carl Barks.
• Jasper Fforde.
• Roland C. Wagner.
• Xavier Mauméjean.
• John Brunner.
• Mike Carey.
• Charles de Lint.
• Rex Stout.
• Michel Suffran — auteur de Bordeaux, pour moi l’une des plus belles plumes françaises.
• Gustave Flaubert — eh, quand même !
• Jacques Réda — immense poète des villes.

Je crois que c’est « tout »… mais je reviens régulièrement à bien d’autres auteurs, pour moi des valeurs sûres, tels Simenon, Giono, Jane Austen, Maupassant, André Maurois, Alexander McCall Smith, Elizabeth Goudge, Agatha Christie, Michel Pagel, Michel Jeury, Pierre Pelot, Jeffrey Ford, Tove Jansson, Ellen Kushner, Delia Sherman, Fabrice Colin, Jonathan Lethem, Robert Silverberg, Thomas Mann, Neil Gaiman, David Calvo, John Crowley, Thomas Disch, Walter Tevis, Russell Hoban, Armistead Maupin, Henry Green, Javier Martin, Rodrigo Fresan, Eduardo Mendoza, Robertson Davies, Bill Watterson, P. G. Wodehouse, Ian Rankin, Kate Atkinson, Peter Robinson, bien entendu les Sherlock Holmes et les Arsène Lupin… mais aussi les Harry Potter.

#2251

Revenant de la Poste, je vois un gros bonhomme avec une grosse moustache roussâtre affreuse, les joues couperosées, la mine renfrognée, je me dis qu’il a la trogne d’un major anglais de l’armée des Indes (faisant le… poireau sur le trottoir). Comme pour renforcer le cliché, il porte alors un moignon de cigare à sa bouche. Son épouse sort de la pharmacie… et lui parle en anglais. L’univers d’Agatha Christie me poursuit..

#2249

J’ai le net sentiment de moins m’épancher sur cette page, oui, je sais, honte à moi et tout ça. Mais franchement, entre la « nouvelle interface » de Blogger qui est juste toute pourrie (tout le monde glisse « juste » dans ces phrases, en ce moment) et me gâche donc passablement l’envie d’écrire, et le fait que je n’arrête pas une seconde… Hier par exemple fut un de ces jours infernaux où, alors que vous savez déjà que vous devez préparer trois dossiers de demande de subvention (dont un qui n’était pas prévu mais si, allez-y vite on va le faire passer) et relire un ouvrage entier, une bagatelle, un auteur vous demande d’urgence de lire et valider deux textes déjà lus et relus, le nouveau diffuseur veut la liste détaillée point par point de tous les ouvrages des Moutons électriques encore en exploitation en librairies (il y en a 84, découvre-je), où il faut relancer des auteurs pour obtenir les textes de 4e de couv parce que justement il faut faire ce week-end les fiches d’enregistrement diffusion, où le gérant vous envoie deux tonnes de chiffres et statistiques, où une dame sonne à la porte pour récupérer un manuscrit qu’on n’a jamais sollicité, où il faut facturer le mois de mai à l’ancien distributeur, où ce dernier vous expédie une de ces charmantes circulaires para-militaires dont il a désormais le secret (mais j’m’en fous), où la factrice sonne pour avoir une signature sur un bête courrier d’un vendeur suisse d’abonnements bibliothèques, où… enfin quoi, c’est un peu argh, quoi. Ah et n’oublions pas l’éditrice qui vous annonce tranquillement qu’elle a foutu à la poubelle deux de vos textes sans vous prévenir et sans concertation, mais qu’il faut relire tout le PDF de l’ouvrage là maintenant. Monde je te hais juste un peu, parfois, parce que je suis taquin.

J’aime bien l’expression de mon camarade Nikolavitch…
« Janséniste-punk ».