#6036

Quiétude verte d’un parc le matin, avant qu’en rangs pressés coureurs et clébards ne halètent dans les sous-bois. Un corbeau souligne le bleu d’un croassement sombre, un paon invisible lance quelques léons, un canard arpente une pelouse en grommelant. Pâquerettes et jacinthes. L’eau murmure derrière les bambous, et tournent les chevaux du manège.

#6035

Presque rien. Sur la brique faîtière de la maison d’à côté un merle chantonne face au soleil déclinant. Perchée au-dessus de lui sur la vieille antenne hertzienne, une palombe dodeline sa tête dorée. Le son de quelques cloches d’église flotte dans l’air doux. Les feuilles neuves du micocoulier frémissent sous une barre de nuages gris biffant le bleu tremblé du soir. Des cloches encore, le ronflement assourdi d’un convoi ferroviaire, une moto lointaine.

#6034

Le soleil en rayons éblouissants fuse entre deux nuages d’orage et fait luire la bourrache toute neuve dans un terrain vague, auprès des bouquets de coquelicot. Dans le nouveau quartier, les trois citernes devenues rouges se réinstallent, seule victoire patrimoniale au sein de cette dystopie cynique où rivalisent blockhaus géant et copies d’édifice fasciste. Des corbeaux bavassent au fond des rues molles.

#6031

Samedi matin au ravin du serpent, un joli petit lac bien caché sous la fac, où dans une douce senteur de vase nous croisâmes une faune en habit noir et blanc : foulques, cormorans et pies. Avant de baguenauder sur le campus, sous les pins odorants et dans l’herbe drue encore humide.