D’un bleu poudreux ce matin, le ciel a perdu peu à peu de sa lumière, il a viré au gris fâcheux avec des lointains sombres et des crevés blancs, l’air a pris une senteur d’eau, sourde et un peu poivrée, et voici qu’il commence à pleuvoir sous des grondements. Ça claque sur les feuilles et tinte sur le vasistas. Pourvu qu’il ne s’agisse pas juste d’une pissée de chat mais d’une bonne drache estivale, justement le jardin avait soif.
Archives de catégorie : journal
#4001
Rêvé que j’assistais à la pose finale d’un dôme géant sur notre bonne ville de Bordeaux. Sur une place crayeuse envahie de hautes herbes, le jeune ingénieur perché sur de vagues remblais terreux surveillait, jumelles aux yeux, les opérations. L’horizon se grisaillait, le couvercle colossal se fermait puis devenait plus transparent, les premiers applaudissements montaient dans cette fin d’après-midi qui débutait une nouvelle ère.
#3099
#3098
L’antenne de la maison d’à côté sert d’observatoire pour beaucoup d’oiseaux : ce matin, une pie s’y tenait, qui échangeait des « cra, cra » avec ses congénères. Pour l’instant il s’agit d’une tourterelle, attentive et silencieuse, qui lorsqu’elle vole claque l’air avec un bruit soyeux. Plus tard peut-être le rouge-queue noir s’y perchera pour siffler-craquer son chant étrange.
#3097
The Case of the Exploding Acanthe. Depuis quelques mois, une immense hampe avait poussé au sein de l’acanthe, couverte tout d’abord de pousses vertes qui elles-mêmes ont écloses en fleurs discrètes, enfin poussèrent des sortes de glands, maintenant devenu cosses – et aujourd’hui, celles-ci explosent. Clac, clac, quatre grosses graines rougeâtres sont expulsées et les deux segments des cosses brunes jaillissent çà et là. C’est vous dire comme ma vie est mouvementée en ce moment. Enfin, troisième jour sans vertiges, je touche du bois mais continue à me sentir tel un vieillard chancelant et viens de relire l’un des meilleurs Agatha Christie selon moi, At Bertram’s Hotel, tout emplie de vieilles personnes. Un remarquable roman choral – relu avec en partie un regard intéressé car pour mon « roman ambitieux » de l’an prochain, si possible, j’aimerai essayer une telle structure de polar avec quantité de perspectives différentes. À part cela, la mémoire est chose étrange, je me suis levé ce matin en songeant que je pense souvent à Roland, avant que je ne réalise pourquoi aujourd’hui.
