#3048

De vastes constructions nuageuses s’empilent sur l’horizon défini par les grands arbres et un rapace, un milan peut-être, tourne très loin et très haut, qui ne trouble pas l’activité chantante des oiseaux alentours, dans la frondaison des tilleuls. Une pie sautille çà et là, en habit du dimanche.

#3047

Pendant que je ne regardais pas, la lanterne d’hier s’est ouverte. Les tulipiers me fascinent de longue date, non pour leur lourd feuillage qui mime des écailles dinosauriennes mais pour ces floraisons massives, lourdes de la beauté un peu hautaine d’une porcelaine.

#3046

Champignac day two. De blanc le ciel se teinte prestement de bleu, dans la musique légère des oiseaux à laquelle des corbeaux fournissent une basse. Devant la maison le laurier tulipier porte ses fleurs géantes comme de pâles lanternes.

#3045

Le verre ancien des fenêtres du salon, irrégulier, déforme et trouble le dehors, le moindre mouvement du regard fait vaciller le réel de l’autre côté des vitres. La lumière s’abaisse et une averse commence, qui inscrit des virgules sur les surfaces transparentes.

#3044

De temps à autre, je me pose à la table du jardin et j’écoute, rien de plus. C’est mon zen du quotidien. L’environnement sonore. To-go-dok to-go-dok to-go-dok un train passe, le son d’une corne, un autre file en sens inverse, direction Arcachon, sous les rails la plage. Un chat noir et blanc miaule en haut du mur. Un bourdon à la fourrure zébrée bourdonne dans les fleurs de verveine. Un bref bruit de scie. Le souffle long et sot d’un bus dans la rue. Le zonzon d’un insecte. En fond, la rumeur indistincte du boulevard comme celle d’une marée basse et de petits piac-piac de volatiles flottant dans le bleu immobile, aussi un lointain cui-cui-cui répétitif. Les feuillages bruissent doucement. Quelques sifflements épars : les martinets sont-ils revenus ?