Je ne sais jamais si je dois m’amuser ou m’attrister de cette espèce de culte du maussade qui règne sur la littérature « blanche » en France. Entre telle librairie « sérieuse » dont l’intérieur est pénombreux au point que le manque de lumière me tire sur les yeux les rares fois où j’y vais, et cet auteur de chez Finitude qui l’autre jour commençait à raconter son roman et s’interrompit soudain pour nous assurer qu’il ne s’agissait pas d’un roman « feel good » — ah ah ah, eh bien OK alors garde-le, ton roman pas « feel good » mon gars… À croire que pour cet establishment français qui dit « blanche » dit forcément « triste », quelle misère franchement que cette idéologie du sérieux-chiant. Ça en devient ridicule : je lis en anglais un Salman Rushdie, dont le texte de 4e de couv chez Vintage laisserait presque à penser qu’il s’agit de fantasy urbaine, tandis que le 4e chez Actes Sud est du lugubre de rigueur chez nous ; et un roman traduit du suédois, que j’ai en anglais (je ne sais plus l’auteur, flemme de chercher sur les étagères), annoncé comme plein d’humour tandis que le petit éditeur français l’ayant publié évoque sa mélancolie ! Ne l’ayant pas encore lu je ne sais laquelle de ces deux 4e reflète correctement le texte, mais un tel écart, ça devient un peu caricatural. La littérature peut être lumineuse sans manquer de sérieux, tout de même, eh.
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Depuis la fin de l’année dernière, je lis ou relis beaucoup de bédés, plutôt du gros nez « vintage », à savoir du Greg (après l’intégrale Achille Talon, ses Zig et Puce ainsi que les Babiole et Zou et Les As que j’ai), du Franquin of course, les histoires longues du Cubitus de Dupa (tu avais raison JPJ, à chaque fois le scénar se barre un peu en vrille), les Félix de Tillieux, les Olivier Rameau de Dany & Greg, et puis en ce moment les Petits hommes de Seron, qui vieillissent diablement bien je trouve.


