#2331

À force de voir fleurir des « best of » un peu partout, je me suis dit que j’allais regarder ce que j’avais lu (ou relu) cette année 2015, et essayer de discerner ce qui m’avait le plus marqué, le plus séduit dans cette masse de bouquins… Vraiment et uniquement le très marquant, le plus touchant à titre personnel et très subjectif (y compris trois titres parus ou à paraître chez les Moutons électriques, eh bien oui, c’est assez logique). Mois par mois, allez hop, remontons le temps.

  • Décembre : February House de Sherill Tippins
  • Novembre : Weighing Shadows de Lisa Goldstein
  • Octobre : Pedigree de Patrick Modiano
  • Septembre : Kallocaïne de Karin Boye
  • Août : tous les Harry Potter de J. K. Rowling + Where de Kit Reed
  • Juillet : Kafka à Paris de Xavier Mauméjean + The Sword of Winter de Marta Randall
  • Juin : toujours les Maigret + The Golden Age of Murder de Martin Edwards
  • Mai : presque tous les Maigret de Simenon
  • Avril : La Fenêtre de Diane de Dominique Douay
  • Mars : Le Guépard de Tomasi di Lampedusa
  • Février : The Days of Anna Madrigal d’Armistead Maupin + Notre-Dame des Ténèbres de Fritz Leiber
  • Janvier : Les Tribulations de Maqroll le Gabier d’Alvaro Mutis

#2330

Dernières lectures : le premier des E. V. Cunningham, soit Howard Fast sous pseudo donnant dans le polar californien à la Ross MacDonald, Samantha. J’avais lu la série il y a très longtemps en Série Noire, les VO semblent introuvables à part le premier. C’est bien sympa, avec ce flic de Beverly Hills, Nisei (Japonais américain) et adepte du zen. Je relis les Lord Darcy de Randall Garrett — lecture un peu « pro », puisque je dois faire la préface de la nouvelle intégrale française, mais quel plaisir. Relu encore deux autres Joseph Hansen (qui deviennent moins froids avec le passage du temps) et un Michael Nava (toujours aussi sombre). J’avoue que par moments j’en ai marre de ne lire que des histoires d’hétéros, qui n’engagent jamais complètement mon intérêt. Lire un petit peu des fictions gay me fait un bien fou, en dépit de l’aspect passablement pessimiste de ces polars et d’époques (années 1960-70) encore terriblement intolérantes (mais cela -a-t-il tant changé?). Cela parle à mon identité, à ma culture ; à mon cœur et à mes émotions.

Déviant du polar, j’ai dévoré February House de Sherill Tippins, une bio que j’avais achetée il y a 10 ans. Superbement écrite et documentée, ça se lit comme un roman. La vie bohémienne des jeunes WH Auden, George Davis, Carson McCullers, Gypsy Rose Lee, Klaus Mann et Benjamin Brittain, durant les deux années et quelques où ils vécurent plus ou moins en communauté dans une « brownstone » de Brooklyn Heights. C’est aussi captivant que touchant, et bien sûr fort gay. J’aime régulièrement lire ou relire sur la génération Isherwood – Auden, qui me fascine.

#2328

fen-chu001Hier soir, j’ai lu l’un des romans d’Achille Talon, enfin, de son inspiration paraît-il, le polygraphe George Fronval. J’avais trouvé ce fascicule à la brocante Saint-Michel il y a quelques dimanches de cela, attiré par l’amusante illustration de couverture par Brantonne. Et je ne fus pas déçu : péril jaune, mystérieuse cité souterraine au Thibet, rayon de la mort, robots géants, ricanements maléfiques et sémillant jeune reporter parisien, tout y est. De la littérature populaire plus qu’archétypale, dans cette tradition qui file droit depuis Zigomar jusqu’à Bob Morane en passant par Fantômas et Fu Manchu. Un délice de connaisseur.

#2327

Point lectures, as usual : j’avais décidé d’un mois de décembre exclusivement polar et je n’ai (presque) pas triché, ma seule entorse ayant été Feuillets de cuivre de Fabien Clavel, qui pour être légèrement steampunk s’avère surtout et bel et bien polar. Première fois que je lis du Clavel, je crois bien, beau style même si mes réflexes éditoriaux auraient apprécié quelques retouches de plus ; et les nouvelles sont astucieuses, enquêtes d’un gros flic obsédé de bouquins, avec clins d’œil à Dupin, Nero Wolfe etc. Préfaces et postfaces sont en revanche superflues, limite cuistres, en tout cas outrecuidantes tant elles ont font des tonnes, le recueil se défend tout seul.

Sinon, relu le deuxième Joseph Hansen, dans la catégorie polar gay californien seventies. Son écriture précise, presque obsessionnellement détaillée, tout en étant très froide, m’a toujours fasciné. J’entasse des tonnes et des tonnes de romans policiers, mes étagères sont d’ailleurs bientôt pleines, et en ai tiré quelques non lus : Calibre de Ken Bruen, un auteur Irlandais actuel ; pas trop aimé, style haché, bref, très nerveux, trop noir/cynique pour moi. A Christmas Party de Georgette Heyer, comédie parue en 1941, sur le bon vieux thème des crimes commis pendant une réunion familiale de Noël (j’avais consacré un chapitre au sujet, dans la bio d’Hercule Poirot). Et sur le même, une excellente variation des années 1980 : Murder at the Old Vicarage de Jill McGown, dont il faudra que je lise d’autres romans parce que ce mélange de thématique Golden Age et de gritty eighties fonctionne à merveille. Là j’ai commencé un polar historique avec C. S. Lewis menant une enquête en 1933, c’est sympa. Ah, oh, j’oubliais : je suis aussi dans London’s Glory, le dernier en date des « Bryant & May » de Christopher Fowler, cette fois un recueil.

#2323

C’est un brin suant, ces longues insomnies. Mais au moins lis-je plus encore, dira-t-on pour se rasséréner. Ces derniers temps, j’ai eu envie de redécouvrir le polar californien (les héritiers de Ross McDonald, quoi) en général, et les polars américains gay en particulier. Je viens donc de relire The Little Death, le premier Michael Nava ; Fadeout, le premier Joseph Hansen ; et Vermillion, le premier de la très amusante série signée Nathan Aldyne, qui était un pseudo de l’auteur d’horreur et scénariste de Beetlejuice, le regretté Michael McDowell (et oui, je sais, ça se déroule à Boston, pas en Californie, mais l’esprit est proche). C’est mon côté un peu fleur bleue, ça, de lire du polar gay… (même si ça n’y rigole pas toujours, bien sûr)