#2079

Dormir devrait être une activité agréable, mais en réalité elle est chez moi souvent perturbée, par les nervosités du moment, ou bien comme cette nuit par la touffeur du climat. Somnolant, je me suis mis à penser à un drôle de truc. De nos jours, Gaston Lagaffe serait âgé d’entre 65 et 70 ans. Et voguant entre deux eaux oniriques, j’imaginais fort bien à quoi ressemble Gaston vieux, un peu voûté, une couronne de cheveux blancs, toujours le même gentil excentrique que dans les années 70, cultivant son jardin (il aura certainement hérité du petit pavillon de sa tante Hortense), bidouillant ses inventions, le toit de sa maison couvert de panneaux solaires de traviole. Toujours écolo-gauchiste, le vieux Gaston, du genre à tenir un blogue comme celui de Jean-Louis Fraysse. Et Jeanne Lagaffe, son épouse, toute menue, les cheveux gris tirés en chignon, faisant le ménage, regardant avec adoration son grand fou de mari. Et le copain Jules, à la retraite de chez Smith-en-face, chauve comme un oeuf, son large sourire s’ouvrant sur une dentition clairsemée. Oué, je les imagine clairement, ces retraités là.

Ensuite j’ai dormi un peu, by fits and starts, mes songes je crois sont devenus « ligne claire », je me souviens vaguement de quelque chose sur Des Esseintes, ou bien sur Bel-ami, je ne sais plus (j’ai relu les deux ces derniers temps, quand je n’étais pas dans Proust), mais dessiné par quelqu’un comme Stanislas (avez-vous lu son Perroquet des Batignoles? Du feuilleton absolument parfait, un régal). Bon je sais, j’suis bizarre.

#2078

Le matin j’écris mon polar, l’après-midi j’avance sur une mise en page — ma bio de Lupin étant bouclée, je suis maintenant dans celle de Super-héros ! par Jean-Marc Lainé, un essai généraliste et très agréable, vraiment une très belle approche de l’histoire et des thématiques des super-héros. J’en suis ce soir à 115 pages sur 352. Couv par Sébastien Hayez, bien entendu — ce n’est encore qu’un aperçu, titre et nom d’auteur manquent, et dans l’objet papier réel le losange central sera une découpe, à travers laquelle on lira le titre imprimé au revers du rabat.

#2077

Un petit hommage à monsieur Jean-Louis Fraysse, alias la moitié de Michel Grimaud, avec cet extrait récent de son blogue qui m’avait amusé:

« On commence à parler de venir au secours de nos amis belges en proposant de rattacher la Wallonnie à la France. Marine Le Pen, Nicolas Dupont-Aignan et Jean-Pierre Chevènement y seraient favorables… Pour ma part, je crois que ce serait une erreur, c’est prendre le problème à l’envers et faire preuve de paternalisme, voire de colonialisme suranné envers nos estimables voisins. Il serait plus judicieux de demander le rattachement de la France à la Wallonie. Notre pays y gagnerait la possibilité de résoudre l’épineuse question soulevée par Eva Joly : la province France paraderait le 14 juillet militairement, et le 21 du même mois le nouveau peuple wallon défilerait joyeusement de Bruxelles à Paris dans une marche triomphale (car nous garderions Bruxelles, évidemment, tout en laissant le roi aux Flamands).« 

#2075

Bibliothèque voltaïque. Volume 21 arrivé, le 22 arrive sous peu. Yeah! (Des versions ebook sont en préparation, mais faut bien avouer que ça fera moins joli sur les étagères, fit le vieux con)

Oh, et une tristesse: Jean-Louis Fraysse est mort le 27 juillet 2011. C’était la moitié du grand auteur pour la jeunesse Michel Grimaud — un grand auteur tout court, d’ailleurs. Malakansâr demeure un de mes romans favoris (il est dispo chez Folio-SF). J’y repensais justement l’autre soir, envie de le relire une fois encore. Jean-Louis Fraysse me faisait l’honneur de lire ce blogue, il signait ses commentaire « le coucou ». Je les avais croisé deux fois, lui et sa femme, et leur avais dit toute mon admiration.