#1917

La collection que je dirige chez les Moutons électriques avec Xavier Mauméjean, la Bibliothèque rouge, va fêter en février prochain son vingtième titre. À cette occasion, et sur une suggestion de Xavier, nous mettons au point un nouveau « look » pour la collection, et une nouvelle manière de la réaliser, afin de la prolonger et de la rafraîchir. Et alors que notre directeur artistique, Sébastien Hayez, étudie tout cela, je réalise que plusieurs titres vont nécessiter une réédition à terme proche… À savoir, outre le Sherlock Holmes, également le Hercule Poirot (juste épuisé), le Arsène Lupin (dont la deuxième édition approche de sa fin, déjà) et le Jack l’Éventreur. C’est ma foi autant de bonnes nouvelles, car cela démontre combien cette collection marche de façon satisfaisante, en « long-sellers ». Et le coup de neuf que l’on donnera à chacun de ces volumes, pour être moins radical que celui pratiqué sur le Holmes, devrait cependant leur donner une nouvelle actualité satisfaisante.

Je me réjouis aussi, je le reconnais, de constater que ce sont les titres que j’ai co-signé qui se vendent le mieux. Et puis, pour rester dans les bonnes nouvelles qui font chaud à l’ego d’auteur, Seb Hayez m’a montré hier soir sa couverture pour Le Garçon doré. Il s’agit de mon petit recueil de nouvelles fantastiques, qui doit sortir chez la Clef d’argent. À l’automne, je présume. Doit aussi sortir en fin d’année La Quête du Monde noir, le troisième album illustré que je cosigne avec Fabrice Colin, pour Hachette Jeunesse (et le deuxième dans cet univers du Monde noir que nous avons imaginé). Enfin, je viens de recevoir le contrat pour Les Trois coeurs, mon deuxième polar jeunesse pour Mango (avec les mêmes héros que Le Voleur masqué). Je viens d’en débuter l’écriture, avec grand plaisir. J’ai déjà des idées pour un troisième et un quatrième, en fait.

#1916

Alors que je faisais le constat que je ne sortais pas assez de chez moi, quand je suis à Lyon, et qu’il me fallait aller me promener plus souvent, mon ami Olivier décidait de son côté de nous devions… nous promener. Eh bien soit, ce fut fait aujourd’hui. Avec une balade par ses soins imaginée qui nous fit grimper dans St Just (village perché sur l’une des collines lyonnaises), continuer jusqu’à Ste Foy puis La Mulatière, et revenir par le quai Rousseau enfin rendu aux piétons car le coteau, de longue date retombé en friche, menace de s’effondrer: la sacro-sainte circulation automobile n’est plus possible… Ensuite, après halte frites vers Perrache, nous traversâmes l’atroce échangeur seventies de ce bon Pradel (un maire mégalo qui constella l’agglomération du pire des lubies pompidoliennes), pour rejoindre la zone en travaux dite de la « Confluence ». C’est-à-dire l’extrémité de la presqu’île lyonnaise, longtemps laissée à l’état de friche post-industrielle et que l’on redéveloppe maintenant, malgré le handicap des emprises ferroviaires, afin de la transformer en quartier chic et branché. Mondialisation oblige, on se croirait donc tout aussi bien à Brooklyn, ou bien à Londres, à moins qu’il ne s’agisse de Liverpool ou de Nantes? Mais c’est beau, cette architecture réellement contemporaine, ce début de canal nouveau, ces passerelles, et surtout: ce quai mêlant vieux rails, portiques industriels et nouveaux bâtiments aux lignes singulières. Ça m’a également rappelé le réaménagement des quais à Bordeaux. Enfin quoi, c’est bien, il y a là un peu d’ambition — alors qu’en face, côté Rhône, le quartier neuf de Gerland, autrement plus vaste, fut victime de la courte vue de la municipalité Barre et de sa médiocrité intellectuelle. Gerland est une laide zone d’immeubles sans goût ni vie, de cette prétendue « architecture » commerciale des constructeurs de « quartiers résidentiels » comme on nous en pourri tout le paysage urbain. Tandis que la Confluence émerge comme une belle zone d’ambition urbanistique.

Les deux rives: le passé châtelain abandonné… (avec un nouveau concept: la voiture plate)

.. et la nouvelle confluence, en construction.

Le nouveau quai…

… et le gruyère psychédélique du plus audacieux des nouveaux bâtiments.

#1915

Pendant que la Russie flambe, à Lyon la température se fait clémente. Le ciel hésite entre bleu tendre et gris roulant, un courant d’air pénètre doucement dans l’appartement. Je dors peu et mal, j’ignore pourquoi. Vu les deux premiers et épatants épisodes du Sherlock de Gatiss et Moffat, réinterprétation contemporaine du mythe holmésien. Vu aussi plein de vieilleries britanniques, notamment des Lord Peter de 1987 rien moins que parfaits, en me délectant des old bean et autres interjections délicieusement désuètes. Lectures tout aussi british: des histoires de fantômes et des Sexton Blake.

Palettes de livres et voyages aux bureaux de Poste — faut jongler, entre les heures de fermeture estivale et les nouveaux règlements qui transforment feu ce service public en triste galéjade.

Belle soirée il y a peu, anniversaire d’un copain fêté nocturnement dans un lieu étonnant, jardin public clos de murs, perché tout en haut de la cité. Souvent j’oublie combien Lyon est belle. Il suffit de monter par le « gourgillon » jusqu’aux Minimes pour s’en souvenir, oui, cette ville est belle, à force de résider en fond de cour dans ma quasi banlieue j’ai trop tendance à perdre cela de vue.

#1913

Miracle, il ne fait pas une chaleur atroce. Touchons du bois. J’en ai profité pour un peu me promener, hier, devant boire un coup avec un copain traducteur de passage. Curieusement, autant j’adore voyager et être « sur les routes » me plaît beaucoup, autant une fois chez moi je n’en sors guère. Trop peu, sans doute. Enfin, l’occasion était bonne aussi de pousser jusqu’aux environs de Perrache, afin d’aller prendre en photo la façade de l’hôtel où Sherlock Holmes séjourna en 1877. Si, si. Car je commence à travailler un peu sur la mise en page de Sherlock Holmes, une vie, avant de me lancer à fond dans celles du Bibliothèque rouge sur Nestor Burma, du Miroir sur Alan Moore et de finir le Rouge sur les polars provençaux. Mois d’août bien occupé en perspective.

Commencé la lecture de The Man Who Was Thursday de G. K. Chesterton — depuis le temps que Colin et Calvo m’en disaient monts et merveilles, l’était temps. C’est absolument délicieux, un style d’une finesse réjouissante, un imaginaire très drôle. Et les nouvelles couv de chez Penguin Red Classics sont à tomber…