#1484

Levé trrrrès tôt ce matin, afin d’aller avec deux copains faire quelques brocantes dans la région. Las: la pluie insistante gâta les opportunités de faire de jolies trouvailles. Mais la balade entre Isère et Savoie fut cependant fort agréable.

Toujours sur Jack l’Éventreur, qui prend bien forme. Finalement je vais le co-signer avec mon vieil ami Julien Bétan, étant donné que ce qu’il a écrit (prévu pour un papier indépendant) s’intègre au poil à la bio, et puisqu’il va encore ajouter d’autres éléments. Ce volume se sera monté décidément sur pas mal de mois, lentement et un peu comme un puzzle, morceau après morceau, mais il prend un aspect très satisfaisant. En fait, loin d’être forcé, cet assemblage se sera effectué de manière fort naturelle, sans effort.

#1483

Relecture des épreuves de mon roman Les Vents de Spica (en octobre chez Rivière Blanche) le matin, écriture de morceaux du Jack l’Éventreur (en novembre aux Moutons électriques) l’après-midi. Je ne chôme guère. Mais du coup, je lis et relis tant et tant, que le soir, je n’ai plus trop envie de lire — ce qui est rare, chez moi. Donc j’ai abandonné les romans en cours et ne lis que des bédés et regarde des zimages qui bougent. Revu les saisons 2 et 3 de Doctor Who, par exemple (j’adoooore David Tennant), des épisodes de Windy Tales (joli DA nippon, très contemplatif) et la belle adaptation BBC de Shadow in the North de Pullman (avec Billie Piper). C’est classique: dans ces périodes d’intense travail scriptural j’ai souvent des difficultés à lire autre chose à côté.

#1482

C’est la faute aux méduses !

Ce matin sur le marché, j’indique à la jeune boulangère qu’il est inutile qu’elle me donner un sac en plastique, puisque le marchand de fromage m’en a déjà donné un grand. Et elle de me répondre: « Vous avez raison, après les méduses elle les mangent et elles meurent. »

#1480

Jack, un peu de la suite…

Si nombreux sont les événements d’origine surnaturelle, en fait, que certains détectives ont pu se spécialiser dans leur étude (nous penserons ici à Thomas Carnacki dans les années 1910 et à Harry Dickson dans les années 1930), et que fantômes, goules et démons sont détaillés quartier par quartier dans plusieurs ouvrages tout à fait sérieux. À en croire certaines sources, il se pourrait même que la reine Victoria ait créé, en 1879, un institut spécialisé dans l’étude de tous les phénomènes situés en dehors de la sphère du normal : Torchwood.
Quartier populaire s’il en fut, l’East End connaît depuis toujours son lot de monstres en tout genres — et notamment, de manière assez cocasse, de fantômes hantant des pubs ! L’affaire de ce genre la plus célèbre est sans doute celle du Black Swan, sur Bow Road, au cœur du Londres cockney. Le 23 septembre 1916, le pub d’origine fut dévasté par la bombe lâchée par un Zeppelin, lors d’une des toutes premières attaques aériennes de Londres. Quatre personnes furent tuées — les deux filles du propriétaire (âgées respectivement de vingt et vingt-et-un ans), le bébé de la plus âge des deux filles, et sa mère. Le pub fut reconstruit, mais les fantômes de Cissie et Sylvia Reynolds, les deux jeunes filles, se mirent à le hanter. En 1974 encore, la cave du Black Swan avait une réputation inquiétante et le berger allemand du nouveau propriétaire refusait d’y descendre.
La même année 1974, un autre pub de Bow Road, le Bow Bells, vit ses toilettes hantées par un esprit farceur. Sur Hackney Road, c’était le Nag’s Head qui était hanté, à la fin des années 1960 : une femme portant un châle gris sur sa longue robe victorienne s’apercevait de temps en temps dans la cave. Une séance de spiritisme apaisa cet esprit. Il en alla de même en 1979, au Driver’s Arms de Mile End, où il s’avéra que logeait un esprit frappeur victorien désapprouvant que les femmes boivent de l’alcool.
Dans tous ces cas, et de nombreux autres, il ne s’agissait que de simples hantises… Mais plus sinistre fut le cas du vicaire de Ratcliff-Cross. De son vivant, ce sinistre individu profitait de sa double position de clergyman et de propriétaire d’une pension pour marins, pour tuer nuitamment ses clients les plus fortunés, et jeter leur corps dans le fleuve. Les crimes du vicaire devinrent si célèbres que, deux cents ans après les faits, une telle superstition s’attachait à Ratcliff Wharf qu’aucun navigateur ne voulait s’en approcher seul — et que le dock fermait à cinq heures de l’après-midi. En 1971, un ouvrier de la construction vit qu’un étrange vieux gentleman l’observait de loin. Habillé d’un curieux costume noir avec un haut col, portant des guêtres et s’appuyant sur une canne, l’individu avait de longs cheveux blancs. Intrigué, l’ouvrier se retourna en direction de l’eau, pour voir ce qui pouvait tant intéresser l’homme en noir. Quand il reporta son attention sur ce dernier, n’ayant rien vu, le vieil homme avait disparu. D’autres témoins virent à leur tour le vieil homme en noir, durant les jours qui suivirent, et c’est dans un climat malaisé que s’acheva le chantier. Quoi qu’il en soit, ces apparitions furent tardivement dénoncées comme une invention d’un journaliste, Frank Smyth. Pourtant, ce qu’ignorait le plumitif, c’était qu’il existait pour de bon un fantôme ! Dans le quartier, on disait que le vicaire de Ratcliff n’apparaissait que durant les nuits d’été —les prétendues apparitions de 1971 se firent durant plusieurs dimanches matins de juillet.