And the winner is… Fiction, qui a reçu il y a trois minutes le Grand Prix de l’Imaginaire, catégorie « prix spécial ». Yeeeah!
#1113
Un rêve de pure science-fiction, ce matin: sachant que la fille de mon ami Xavier voue une véritable passion aux coccinelles, je récupérai d’occasion dans une boutique de bédé un gros robot de coccinelle. Au moment où j’allais l’emballer, l’appareil se réveillait et me confiait sa frustration de n’avoir pas pu mener une révolte de robots. Amusé, je l’éteignai et fermai le carton. Longtemps après, j’étais devenu prof de dessin (!) dans une université et je découvrai que l’un de mes nouveaux élèves n’était autre que le robot-coccinelle, totalement modifié physiquement par des IA rebelles qu’il était parvenu à contacter. Ayant pris apparence humaine, le désormais beau jeune homme me confronta avec un toupet que je trouvais rafraîchissant, mais je le mis au défi de s’intégrer réellement à sa promotion. Il s’y atela aussitôt, en draguant éhontément la fille du directeur. A la fois amusé et horrifié, je me demandais si les IA du maquis l’avaient bien dôté d’un équipement génital, sinon la jeune fille allait au devant d’une déconvenue cruelle.
#1112
Scène de rue:
Une dame, parlant à vois haute et rapide dans son téléphone portable: « pa-ta-ti-pata-ta, il ne faut pas te mettre Marcel en tête parce que blah-blah-blah… »
Son mari, à ses côtés, sourire en coin: « Martel. Ça vient de marteau. »
#1111
Lausanne n’est pas exactement une belle ville. Mais intéressante, ça oui. Sa structure étagée comme dans une vieille gravure d’anticipation, sa pierre verdâtre que l’on croirait tirée de la vase du lac, l’austérité de l’architecture de ses églises, la lourdeur pseudo-médiévale de certaines de ses grandes demeures, la prolifération d’immeubles des années « septante », tout cela concoure à une imaginerie urbaine bousculée, mal fichue mais intrigante. Des passerelles se croisent à toutes les hauteurs, des magasins logent aussi bien au premier qu’au dernier étage, dénivelés obligent.
En fait, Lausanne est ainsi agencée que l’on croirait qu’un jour, quelque géant a tiré la bonde qui bouchait le bas de la ville. Comme un évier se vidant, Lausanne a commencé à tomber en tourbillon minéral vers son point le plus bas, les bâtiments finissant par combler ce siphon. Le fond de l’évier, c’est le quartier Flon, étonnant regroupement d’entrepôts dans un trou au centre de la cité helvête. Quant au lac, par le temps un peu couvert du week-end dernier, il s’étend littéralement à perte de vue, telle une mer où l’odeur vaguement sucrée de la vase aurait remplacé celle, plus vive, de l’iode.
Le séjour fut, comme prévu, très agréable et amical. La nourriture fut excellente (ah, la fondue fribourgeoise!). Je visitai un musée de design et d’art contemporain, avec notamment une très belle expo d’oeuvres en verre. Et puis, révélation: je découvris que les Suisses connaissent un équivalent de la clotted cream anglaise, qu’ils nomment « double crème ». Délice! I’ll be back.
