#83

I’m back.

Et comme promis (?), une tentative de compte-rendu de mon week-end nantais… Je vais tacher de poster une journée chaque jour — si vous voyez c’que j’veux dire… Et je commence tranquille, avec une journée préliminaire mais non festivalière.

Jeudi 1er: mes parents étant de passage à Lyon au début de cette semaine & étant venus en voiture, il avait été décidé que je monterai avec eux en Touraine, avant de filer sur Nantes pour le festival. Nous partîmes donc ce jeudi, vers 10h du matin. C’est avec un rien d’inquiétude que je laissais Nina: à la fois je savais qu’Olivier débarquerais dans l’après-midi même pour s’installer chez moi avec ses cliques & ses claques — et qu’il s’occuperais donc de la nourrir. Mais à la fois aussi, Olivier devais amener sa propre petite chatte, Drusila. Comment la cohabitation féline allait-elle se dérouler? Comment Nina réagirait-elle? C’est donc avec la vague impression qu’Olivier n’allait peut-être pas passer un super-week end que je montais dans la petite voiture blanche de mes parents…

Nous ne prîmes pas trop l’autoroute: nous avions le temps, et pouvions emprunter tranquillement les petites routes — celles qu’un bel euphémisme xyloglote désigne désormais sur les panneaux routiers d’un « route touristique » assez amusant. Nous arrêtâmes donc à Cluny histoire de visiter un peu — ravissante petite ville. Je fus surpris de constater comment elle était littéralement enchassée dans la campagne, sans transition banlieusarde. Et quelle campagne! De vertes collines découpées par le quadrillage des haies (ce que des Berrichons nommeraient « des bouchures », précisa maman), un paysage de tableau champêtre: je ne connaissais pas la Bourgogne, jolie découverte! Cluny elle-même m’a également frappé par son aspect ô combien typiquement français. Presque une petite ville archétypale. Nonobstant son abbaye, bien sûr — entre ruines élégantes et clochers bien préservés. Belle & étrange vue filante depuis le parvis: de larges escaliers puis une rue aux murailles blondes, montant au sein des ruines & effectuant la transition avec les maisons habitées. Une tranche de paysage urbain inhabituel, comme un décor — souvenir de certains de mes « rêves de villes ».

Déjeuner un peu plus loin, au sommet d’un minuscule village, face à une grise église du XIe: une auberge perdue en haut d’une colline — perdue mais connue, visiblement, s’il faut en juger par l’affluence en ces lieux pourtant loin de toute civilisation.

Route paisible, ensuite. Sieste, longue. Halte surréaliste: un astroport pour extraterrestres érigé au beau milieu de l’autoroute! Raël serait-il parvenu à ses fins? Que sont ces fils tendus en un large cercle, ponctués de soucoupe? La petite rotonde centrale n’abrite que la prosaïque réalité d’une restoroute. Dommage. Y’a tout de même des architectes barjos.

Dusk: j’aime ce mot anglais, traduisant pour moi si bien l’effet de poussière indistincte de la tombée de la nuit, le passage au bleu/gris, le moment où le ciel semble encore empli de lumière mais n’éclaire plus la nature que de manière trouble… Pas grand-chose à voir, de toute manière. Nous arrivons en Touraine lorsqu’il fait déjà nuit noire. Je téléphone à Olivier, tout de même. Tout va bien…

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