#141

En prenant dans ma bibliothèque In the Dead of Winter d’Abbey Pen Baker, l’autre jour, je me suis mis à admirer sa maquette, élégante & sobre — d’un degré de sophistication que peu de livres français, hélas, atteignent en général… (il s’agissait d’un hardcover américain, faut-il préciser)

Sur le coup, je n’ai pas prêté une attention particulière au petit dessin d’une araignée qui trônait sur l’une des premières pages, en regard du titre. Une araignée en illustration d’un polar, voilà qui n’offrait pas une grande surprise.

Seulement voilà… Ce roman, je l’avais acheté l’année de sa parution (en 1994 — dans une petite librairie de polar près de Covent Garden, à Londres, dont j’ignore si elle existe encore) et ne l’avais pas ouvert depuis. Et l’araignée… est bien réelle! Il ne s’agit pas d’un dessin, comme je l’avais cru au départ, mais bien d’une véritable petite araignée écrasée/séchée là, pile en face du titre. Bel hasard.

Lecture très agréable, sinon, que ce polar — astucieux & bien conduit, et ouvrant une perspective inédite sur la carrière de Sherlock Holmes — puisque c’est ici sa fille (!) inconnue qui mène l’enquête, fille qu’il aurait eu avec LA femme, Irène Adler. Les auteurs (autrices) récents d’hommages holmèsiens s’ingénient souvent à mettre en scène des personnages féminins, trop rares & trop marginaux chez Doyle. Ainsi Carol Nelson Douglas narra-t-elle les enquêtes d’Irène Adler, herself, et Laurie King s’attache-t-elle aux pas d’une tardive apprentie/épouse d’Holmes — avec énormément de talent. Et ma foi, je trouve que cette Abbey Pen Baker (inconnue & apparemment seulement l’autrice de ce tome-ci — dommage, j’en aurai bien repris pour un « tour ») ne déchoit pas de la comparaison avec les deux grandes dames précédemment citées. J’avoue même m’être fait prendre vers la fin, par un élément que je n’avais pas vu venir — chapeau, un délice holmèsien comme je les aime.

Sinon, j’ai exploré ces deux derniers soirs les entrées du Oxford Companion to Children Litterature — j’adore les encyclopédies d’écrivains, et celle-ci relève d’un domaine que j’aime tout particulièrement, bien sûr. Les entrées pour des écrivains récents sont (trop) maigres, je trouve, il y a même beaucoup d’absences inconvenantes — Jane Yolen ou Lawrence Yep sont parfaitement inconnus en ces pages, de même que Chris Van Allsburg ou David Wiesner, par exemple! Et le tout est d’un anglo-centrisme forcené. Mais qu’importe: pour les auteurs « classiques » les notices sont longues, vivantes, vraiment passionnantes.

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