#362

« People always say you should be yourself, like yourself is this definite thing, like a toaster, or something. Like you can know what it is, even. But every so often, I’ll have like a moment, where being myself, and my life right where I am is, like, enough. » – Angela Chase (episode 13: Pressure)

À la fin du générique, Angela s’efface tout au bout du chiaroscuro d’un couloir de collège.

C’est l’image que j’ai toujours en tête lorsque je pense à elle — ça, et les ténèbres enneigées de « So-Called Angels », l’unique fois où la magie particulière de la urban fantasy souffla sur une série télévisuelle (si l’on excepte quelques trop fugitives scènes de Buffy). My So-Called Life c’est un peu les Twin Peaks sans le malsain de Lynch, c’est du Charles de Lint versant (plus ou moins) réaliste…

Angela, mais aussi Rayanne, Brian, Rickie, Jordan ou Sharon, font étrangement partie intégrante de mon paysage mental depuis longtemps. « Étrangement », car il ne s’agit « que » d’une série pour ados, après tout. Que?

J’ai vu et revu les épisodes (dix-neuf seulement) lorsque Canal Jimmy les diffusait. Puis j’ai attendu, en vain, qu’ils repassent afin de pouvoir les magnétoscoper. Les DVD sont enfin sortis & immense est mon plaisir de redécouverte. My So-Called Life (en français Angela 15 ans) conserve la force littéraire d’un grand roman & la beauté plastique d’un grand film. Comment s’étonner que cela n’ait pas marché sur une grande chaîne américaine?

(« Angela 15 ans » est rediffusé à partir de cette semaine, du lundi au vendredi vers 17h15 sur MCM)

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