#445

Not shutting up about Flaubert remains a necessary pleasure

Lisant actuellement en parallèle le Voyage en Orient de Gustave Flaubert (un très long journal de voyage, actuellement indisponible mais que j’avais trouvé dans une belle vieille reliure) & To Hold Infinity de John Meaney (un gros pavé de SF entre cyberpunk & space op, datant de 1998), je m’amuse à constater que des deux ce n’est pas forcément celui que l’on croirait qui s’avère le plus « extraterrestre »…

En effet, si le pavé de Meaney est d’une lecture fort agréable & d’une complexité revigorante, en fait c’est bel & bien du côté de chez Flaubert que se situe le plus fort taux d’étrangeté… Meaney aura beau nous ensevelir sous les lignes de code de son pseudo-web du futur lointain, sous la technologie avancée & les humains « augmentés », de fait tout son univers semble bien pâlichon, terriblement convenu (& reconnaissable) par rapport au double décalage que constituent l’éloignement géographique & temporel des journaux du père Gustave!

J’ai dans l’idée qu’explorer (littéralement) ce Voyage en Orient m’occupera durant de très longs mois, à petites doses tant il me faut déployer d’efforts pour saisir le contexte, la culture & même la langue d’une telle oeuvre/témoignage. D’une incomparable richesse (comme d’habitude chez Flaubert), le style de ce long récit me ravit & me déborde (presque) même dans les passages les plus télégraphiques. Et même la vie la plus quodidienne me surprend, tant les références sont ténues, si éloignées qu’elles se font quasi inintelligibles.

Faut-il préciser que c’est un délice?

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