#664

Je hais les digicodes.

Les proprios de mon groupe d’immeubles en ont fait poser un, sur le porche. Sans consultation des locataires, sans même les prévenir: le fait accompli. C’est ça, la démocratie occidentale: le citoyen n’a strictement aucun droit sur un élément aussi fondamental pour sa vie que son appartement et la gestion de celui-ci.

Et moi qui aime que les amis débnarquent sans forcément prévenir… 🙁

Ah, au fait: le code ce sera 4815.

#663

Une light bulb joke (plaisanterie d’ampoule électrique) attribuée à John Cleese, sur le blog de William Gibson:

How many Bush administration officials does it take to change a light bulb?

None. There’s nothing wrong with that light bulb. There is no need to change anything. We made the right decision and nothing has happened to change our minds. People who criticize this light bulb now, just because it doesn’t work anymore, supported us when we first screwed it in, and when these flip-floppers insist on saying that it is burned out, they are merely giving aid and encouragement to the Forces of Darkness.

#662

Curieux comme le ciel de mes songes est généralement nocturne. Comme si du fait que le sommeil est plutôt l’apanage de la nuit, le pays des rêves devrait forcément être sombre, au mieux crépusculaire.

Cette nuit je me trouvais invité à un congrés de science-fiction, fort mal organisé (ce devait être une convention!), ils avaient oublié de faire des badges pour chacun, l’horaire des repas et des interventions ne cessait d’être bousculé et reporté. Ce festival se déroulait sous de grandes tentes blanches plantées sur un quai.

Lassé d’attendre que vienne l’heure de ma conférence, j’allais me promener sous les platanes puis dégringolais le pierré jusqu’à la plage. Le ciel remuait des nuées rougeoyantes sur fond d’un violacé sans étoiles, la mer bruissait sa vaste masse d’encre dans les reflets roux et bleus des vaguelettes, la ville étincelait d’un piquetage de blondes lueurs électriques et l’épaule aveugle d’une colline plongeait dans la baie qu’elle protégeait, juste découpée en velours irrégulier sur les nuages indistincts.

Un groupes d’amis, quatre jeunes gens, se tenait assis sur le sable et sur un grand morceau de bois flotté, des jeunes fans, avec lesquels je commençais à discuter tandis qu’au-dessus de nous continuait le brouhaha amical de la convention. Non loin du groupe de garçons, un peu plus bas vers le bord de l’eau, un groupe de trois filles brunes rigolait, sans doute Michèle, Mélanie et Faustine. Je restais à discuter avec les gars.

Étonnant comme l’on peut avoir des copains que l’on n’a jamais vu qu’en rêve… Il y avait un barbu aux cheveux en broussaille et lunettes cerclée de métal; un rouquin aux cheveux mi-long et au nez très droit, très fin, les yeux verts; un châtain à la tignasse ébouriffée et une écharpe de baba-cool sur les épaules (il fait un peu frisquet sur la plage cette nuit); enfin, un autre châtain, les cheveux courts, les lèvres épaisses et des fossettes aux joues. Dans mon rêve, je me demandais vaguement si je les connaissais, mais papotais avec eux comme avec des copains de longue date. Le sable sous mes doigts retenait encore un peu de la chaleur du jour.

#661

>> Pluie

Sous le martellement de l’averse, le trolleybus paraît courber son échine voltaïque, tandis que ses carreaux s’embuent.

Serrés dans les entrailles jaune et bleu, la foule s’efforce de conserver un air impassible. La ville n’est plus qu’un spectre en grisaille, à peine visible de l’autre côté des rideaux de perles désordonnées qui ont remplacé les vitres. Des larmes y coulent, la buée voile le cheminement du véhicule.

Près de la porte centrale, un jeune asiatique à la casquette blanche élimée trace quelques lettres du bout de l’index: còi. Avec un sourire amusé, il ajoute devant cette syllabe énigmatique un bé, ponctue le tout d’un ! puis trace les mêmes lettres un peu plus bas, à l’envers.