#600

Lu encore: A Scholar of Magics de Caroline Stevermer.

Juste paru, il s’agit d’une sorte de suite à l’un des romans que j’ai préféré ces dernières années, à savoir A College of Magics (fiche de lecture dans ma Cartographie du merveilleux chez Folio-SF, en vente dans toutes les bonnes librairies!). Situé quelques années pls tard, nous y retrouvons cette Europe de la fin du XIXe siècle, subtilement décalée par l’existence avérée de la magie. Cette fois, le principal de l’intrigue se déroule, non plus en Europe & dans le collège normand d’apprentissage de la magie pour les jeunes filles, mais au Royaume-Uni et au sein de la triple université de Glasscastle, une sorte d’Oxford de la magie, réservé aux garçons.

Jane, qui dans le premier roman était étudiante à Greenlaw, est maintenant devenue professeur de mathématiques dans ce même collège, mais débarque à Glasscastle dont son frère Robert est l’un des augustes enseignants-chercheurs. Si la but de sa visite est ouvertement de voir sa famille et de visiter la fameuse université anglaise, en fait Jane a pour mission de prendre enfin contact avec le proefsseur Fell, un érudit local quis e trouve devoir devenir le nouveau Warden of the West — la protégée de Jane, la jeune duchesse Faris, étant devenue pour sa part la Warden of the North à la fin de A College of Magics. Mais Fell refuse avec obstination de céder à la pression — certes il devra un jour ou l’autre accepter le manteau de Warden, mais il a précédemment reçu un message mental mystérieux, lui ordonnant de se préoccuper des horloges… Qui lui a donné une telle mission, et dans quel but? Il sera répondu à la seconde question, mais finalement pas à la première — encore que l’apparition non moins mystérieuse de deux cartes aux armes de l’ancien créateur de Glasscastle, le grand professeur Upton, puisse donner une piste. Pour le reste, ce roman est une réjouissante course-poursuite contre des hommes en chapeau melon, un professeur mégalo, une arme de destruction massive et divers complots universitaro-gouvernementaux. Avec au centre de toutes ces intrigues, un cow-boy américain, embauché pour ses prouesses au tir mais littéralement fasciné par le monde studieux de l’université. Voiture automobile, chants d’église, tasses de thé, vieux bouquins, parcs immenses, anciennes légendes, vieux profs confits de prétentions, préjugés sexistes, humains transformés en animaux, labyrinthe ensorcelé & cachots enchantés: ce n’est que du bonheur.

Comme d’habitude chez Stervermer, l’humour est léger, les charmes raffinés, les touches historiques précises & désuètes. de mon point de vue, peut-être plus encore que la « fantasy urbaine » dont je parle si souvent, c’est cette fantasy-là qui est la plus puissante, la plus captivante, la plus attractive. J’ai retrouvé dans ce roman à la fois la fascination du dyptique de James Stoddard sur la High House, les préciosités ludiques de ce que fait Stevermer avec Wrede (& dont une autre suite ne va pas tarder, chic alors) & la veine « fantasy des manières » d’Ellen Kushner & Delia Sherman. En bref: tout ce que je préfère.

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