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Tout d’abord, un soldat thaïlandais drague gentiment un jeune fermier thaïlandais, ils sortent gentiment ensemble, vont au cinéma, jouent au foot — et c’est tout, rien d’autre. Puis le soldat regarde l’album de photo de son boyfriend… Et l’histoire change complètement, il s’agit maintenant d’une légende sur un chaman qui pouvait se transformer en animal sauvage, et qui ayant été tué par la balle d’un chasseur se retrouva bloqué sur terre sous la forme du fantôme d’un tigre. Un tigre qui tue occasionnalement encore des villageois égarés, et que traque uns odlat, dans l’épaisse jungle thaïlandaise. Tigre et soldat se livrent à une traque où l’on ne sait plkus qui est le chasseur et le chassé, l’homme et l’animal (le tigre apparaissant le plus souvent sous la forme d’un jeune homme nu, couvert de tatouages). Le soldat tente d’attirer le fantôme une nuit, et tire — sur une vache, dont le fantôme s’éloigne ensuite dans la jungle.

Non, je n’ai pas pêté un plomb: c’est le résumé succinct du très étrange (euphémisme) film que m’a entraîné voir le sieur Fabrice Colin, hier. Tropical malady. Une manière inattendue de boucler ma petite semaine de vadrouille parisienne.

La veille j’avais été voir avec mon oncle Jean The Incredibles des studios Pixar — toujours un plein bonheur, esthétique génialement décalée (très sixties pour les persos et fifties pour les décors, ainsi que pour le générique de fin à la UPA), animation époustouflante, trouvailles continuelles et humour déjanté. Avec cependant un léger bémol: beaucoup moins d’originalité que dans leurs deux précédents films, nous sommes là dans une parodie de super-héros, donc en territoire assez connu.

Et pour le reste, qu’ai-je fait? Des promenades dans Paris, bien sûr (l’enchantement doré du dôme des Invalides, les rues grises rehaussées par un rayon de soleil soudain, la Tour Eiffel à travers un feuillage rouge, les quais du canal de l’Ourcq jusqu’à La Villette), quelques librairies, et quelques expos: les photos médiumiques (Maison Européenne de la Photographie), les tableaux de Marquet sur Paris et l’Ile de France (Musée Carnavalet, quasiment à côté), Franquin dans tous ses états (ah, la Turbotraction en vrai!!), Steiglitz et l’école de New York (à Orsay, splendide expo finalement moins intéressante pour les orginaux des tirages photographiques — troubles et minuscules — que pour les tableaux les accompagnant, par des artistes peu vus en Europe comme Demuth, Dove, De Zayas ou O’Keefe, ou bien les Picabia, par exemple).

Et puis des tas de visites sinon mondaines, du moins éditoriales — boulot, SP, contrats, bavardages et plans sur la comète: Gilou chez Denoël, Audrey et Celia chez Mnémos, Thibaud chez Folio, Seb chez Calmann-Lévy, Julien dans un restau, Fab Colin au restau encore (et Caroll’ un petit peu), mon vieux copain Fred à sa galerie (Galerie Frédéric Bosser), Kloetzer par hasard dans le métro, Altairac chez lui en pleine rage de dents, JPJ et un DA sur Miyazawa… Un emploi du temps aussi chargé que passionnant et fructueux. Avec un rhume en prime — zut, fait froid dans le Nord!

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