#1277

1276e message sur ce blogue. C’est dingue, quand on y réfléchit.

Mes vacances s’achèvent. Quelles lectures durant cette épriode calme et studieuse? Tout d’abord « Sacred Games » de Vikram Chandra. J’avais adoré les deux premiers livers de cet auteur anglo-indien, j’avais d’ailleurs chroniqué « Red Earth and Pouring Rain » dans ma Cartographie du merveilleux. Sur ce conseil, Patrice Duvic avait lu et essayé de faire publier ce beau roman de réalisme magique – en vain. Un des tous derniers mouvement éditoriaux de Patrice aura été, l’an passé, d’essayer de placer le nouvezu Chandra, et il devait me le faire lire sur manuscrit. Cela ne s’est jamais fait et, enfin, le roman paraissant en petit format je l’ai acheté l’autre jour. Las, j’avoue qu’il m’est tombé des mains à peine au quart… Non pas que ce soit un mauvais roman, très loin de là. Mais je ne suis pas arrivé à me passionner pour ces flics indiens, tous corrompus, et pour ce gangster indien, naïf et sans scrupules. Finalement, tant d’immoralité, moi, ça ne me convient pas – suis-je réac pour autant? Je sais bien que la situation économique indienne fait que la police ne pourrait absolument pas fonctionner sans une certaine forme de corruption, le roman l’expose avec justesse et pas mal de tendresse, mais j’ai trouvé ça assez désagréable, tout comme la médiocrité de bon nombre des (nombreux) protagonistes. Autres facteurs agravant, pour moi: l’intrusion de multiples termes indiens sans traduction ni explication, qui, loin de permettre une immersion rapide dans cet univers, m’a semblé éjecter le lecteur hors de la fiction. La ligne narrative sur le gangster m’a semblé un peu barbante, et ensuite le roman passe du polar à l’espionnage, genre que je ne prise guère… Bref: avec un grand regret, j’ai abandonné « Sacred Games », ce roman de 947 pages sur lequel Vikram Chandra a travaillé durant sept années.

Je suis revenu à Kate Atkison: je venais de lire son polar, « Case Histories », paru il y a déjà pas mal d’années mais dans lequel je ne me suis plongé que début juillet. J’ai donc lu « One Good Turn », sa suite récemment parue. Bien entendu, j’apprécie chaque fois l’humour pince-sans-rire d’Atkinson, ainsi que son goût pour des petites vies torturées par un secret ou un traumatisme ancien. Mais ce qui est encore plus fort dans ces deux romans que dans les autres de la même autrice, c’est qu’ils prennent l’aspect de romans policiers à la Ian Rankin. Précisément, Rankin: l’hommage est clair, net. On retrouve dans les deux Atkinson quantité de motifs et de détails dont Rankin a déjà fait usage au fil des enquêtes de John Rebus, mais utilisés de manière différente, avec une subtilité admirable. Mieux, même: « One Good Turn » se passe à Edimbourg, la ville de Rankin! Kate Atkinson pousse donc le culot jusqu’à over-rankiner Rankin. En intégrant l’aspect polar au sein d’un roman polyphonique et psychologique fouillé, qui sait conjuguer le meilleur du thriller avec le meilleur du roman anglais contemporain.

Polars encore: Ruth Rendell. Je n’avais jamais lu cette autrice pourtant fameuse. J’ai commencé avec « From Doon With Death », un peu vieillot et un peu trop simple – mais il s’avère que c’est sont out premier. J’ai continué avec « The Babes in the Wood » et alors là, quel bonheur! Une intrigue complexe et fouillée, des psychologies bien brossées, un décor superbe d’Angleterre dans les inondations (sujet qui a rejoint l’actualité ces derniers jours, d’ailleurs). La classe: je lirai avec gourmandise d’autres Rendell, c’est certain.

Classique: « Brideshead Revisited » d’Evelyn Waugh. Déjà lu il y a pas mal d’années. Etant tombé sur un joli Penguin le rééditant sous élégante couverture, j’ai eu envie de relire ce grand classique anglais. On est là dans la Littérature avec un grand L, de la classe d’un Flaubert, d’un E.M. Foster, d’un Lampedusa. L’humour grinçant en plus. Oxford, les grandes demeures patriciennes, un garçon à la beauté aussi sublime que fêlée, les « roaring twenties » anglaises… Le charme focntionne toujours, ô combien.

Enfin, j’ai lu le dernier recueil d’essais littéraires de David Lodge, « The Year of Henry James », où je trouve qu’il en fait un peu trop sur la coïncidence de publication d’un autre roman sur James en même temps que le sien, mais malgré tout plein de remarques brillantes sur la création romanesque. Le chapitre sur Greene et ses influences m’a surtout intéressé par ce qu’il éveille en moi d’arguments contraires, de réfutations et de réflexions – ce sera très utile pour le gros essai auquel je travaille, sur la SF. Et puis, là, je débute avec un délice absolu « The Girl in the Glass » de Jeffrey Ford, que le maître m’a gentiment offert il y a peu.

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