#1365

A certaines périodes, je ne cesse de poster, à d’autres je demeure plutôt silencieux sur cette page. Il faut bien reconnaître que l’existence purement sédentaire de l’editor-writer ne se prête pas toujours à de multiples commentaires — comme par exemple en ce moment. Peu de narration à obtenir du fait de passer une nuit blanche à finir de regarder les (géniaux) « Jeeves & Wooster » de Fry & Laurie (merci Axel) ; d’avoir été renversé par « Paprika » d’Hoshi regardé à la St Sylvestre (merci Sam), ou de m’être éclaté à la lecture du « Shazam » de Jeff Smith (merci Rafu). Bon, c’est dit.

Le quotidien récent, ce fut de mettre chez l’imprimeur le Coney de février, les essais sur Heinlein et Anderson, et bien sûr la réception de La Vallée du temps profond, premier et massif titre de la nouvelle collection des Moutons électriques, la Bibliothèque voltaïque. Un très très vieux rêve personnel: enfin réunir un bon gros recueil des nouvelles de Michel Jeury, cet auteur phare de la science-fiction francophone. Débutant, tout jeune, j’étais allé faire le « pélerinage d’Issigeac » par deux fois, amené chez le maître par mon papa. Ses nouvelles sont un sommet, pour moi. Et Richard Comballot a fait un beau travail de réunion, le tout récompensé par, donc, ces presque 500 pages — avec à la clef une brassée de félicitations comme j’en ai rarement eu, sur la beauté de cette somme. Pourvou qué ça sé vende, maintenant! J’ai du mal à évaluer le potentiel de Jeury aujourd’hui. Petit, je dirai. Mais j’espère notamment que la VPC va suivre: c’est le défi très important pour les Moutons, cela, développer la VPC. Tout compris, la dist-diff nous coûte la bagatelle de… 67% du prix de vente! Commandez par le web: c’est l’avenir de l’édition!

Bon, je file à Londres demain: j’imagine que j’aurai ainsi plus de matière pour ce blogue. Et Venise ensuite, on ne se refuse rien…

8 réflexions sur « #1365 »

  1. « Commandez par le web: c’est l’avenir de l’édition! »

    André, je trouve cette remarque étrange, sous ta plume. J’en comprends la portée pour toi jeune éditeur et je la respecte, mais permets-moi de ne pas te suivre sur cette voie car les libraires, ma foi, ne doivent pas être sacrifiés aussi légèrement. C’est certainement un de tes débats intérieurs, j’en suis certain.

  2. non, il ne s’agit pas spécialement d’un débat pour moi: à partir du moment où la majorité des librairies indépendantes ne vendent pas le moidnre titre des Moutons, ni d’aucun autre indépendant, et surtout pas en SF-fantasy (pouah, fi donc!), je suis persuadé que lesdits libraires sont condamnés à moyen terme – et ils commencent à le savoir, d’ailleurs. hélas les petits libraires ne travaillent, paradoxalement… qu’avec les gros distributeurs. c’est la raison de la faillite de mon premier diffuseur, l’Oxymore, par exemple: toutes les portes des petites structures se sont soudain fermées.

    c’est une situation très triste, car j’aime énormément les librairies, et je suis très reconnaissant à des boutiques comme Scylla ou Vivement dimanche, par exemple, d’exister et de nous soutenir. mais elles ne sont pas nombreuses oh que non, les librairies qui font réellement leur travail. la plupart, et souvent celles qui ont la plus grande gueule, se contentent de l’offre des grands groupes d’édition.

    ce n’est donc pas moi qui condamne les librairies: elles font cela très bien toutes seules. lorsque l’on constate que les ventes des Moutons sont faites essentiellement dans les grandes librairies, et que bien des vendeurs de Fnac, Mollat et autres Decitre sont nettement plus motivés pour nous défendre que la boutique intello du coin… lorsque l’on constate aussi que je ne gagne aps une thune tandis qu’il ne cesse de s’ouvrir des librairies employant plusieurs personnes, le toutgéré sur la base de stocks seulement prêtés par les éditeurs (droit de retours)… eh bien, le constat se fait aisément: la petite librairie indé fait du fric actuellement mais s’enterre toute seule et va fermer un de ces quatre.

    tandis que la survie d’un petit éditeur passe en grande partie par le développement de la vente directe. j’aimerai très nettement qu’il en aille autrement! et j’imerai voir ems titres dans els rayonnages de toutes ces jolies petites boutiques indés dans lesquelles je me rends. mais hélas…

  3. Paprika : excellent, et j’écoute tout le temps depuis la B.O. de Susumu Hirasawa. 🙂
    Et pour Venise et les histoires de libraires, non je ne vais pas parler de livres en tête de gondole, je l’ai déjà fait, fut un temps. 😉
    Bons voyages, André !

  4. Oui, hélas, as you say…

    J’ai pour ma part essayé de développer les achats aux « petits éditeurs », avec forcément des remises moindres, et là du coup je me fais taper sur les doigts pour cause de marge générale en baisse.
    Même si techniquement je vends +.

    Effectivement, le tout est d’avoir la classe en ayant une grande gueule et une belle façade 😉

  5. je m’excuse car je vais faire une remarque peu sympathique alors que j’aime beaucoup le travail des moutons électriques et que je ne souhaiterais que soutenir cet éditeur. Mais les frais de port par VPC depuis le site des moutons sont prohibitif et, à mon avis, ne font qu’encourager l’achat depuis des sites aux tarifs plus doux.

    Et attention je ne parle pas de supprimer les frais de port, mais peut-être des les rendre plus « raisonnable » du point de vue du consommateur, un petit effort sur la marge par exemple ?

  6. pour répondre à Cédric, j’ai récemment changé la grille de nos tarifs pour plus d’équité et d’équilibre — mais… il est interdit de déduire le port, tout ou apartie, du prix de vente: loi sur le prix unique du livre oblige! les éditeurs pratiquant des remises « cachées » (port gratuit ou aprtiellement offert) se placent de ce fait dans l’illégalité, c’est ennuyeux.
    Ces derniers mois une pétition demandant l’application du tarif « livres et brochures » à la circulation interne à la France (car ce tarif très bas n’est valable que pour l’étranger) a été signée par de très très nombreux éditeurs, au point que le gouvernement a été obligé de reconnaître qu’il en aait connaissance, et le ministre des postes a déclaré « examiner » cette demande.

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