#1407

Rude journée, hier. C’est bien beau de vouloir publier un petit roman régionaliste et de le distribuer nous-même, mais c’est assez épuisant: aller au fin fond du quartier de Grange Blanche pour livrer aux entrepôts de Decitre, courir d’une librairie à l’autre pour apporter les exemplaires, négocier avec telle autre… Et puis, faire la queue à la Poste, profiter de passer dans le quartier chinois pour faire des courses, croiser des copains (je me dis souvent que si je ne vivais pas dans un coin retiré de la ville, ma vie sociale serait nettement plus trépidante), assister au début de la dédicace chez Privat… Enfin bref, arrivé la fin d’après-midi, je fis une petite crise d’agoraphobie: marre de la foule, marre du monde, marre de l’extérieur, vague angoisse. Ce que j’appelle « être groumpf ». Plus qu’une hâte: rentrer chez moi!

Découvert au passage que la banque des Moutons électriques… a explosé! L’endroit des fuites de gaz, c’était finalement pile au niveau de l’agence HSBC du cours Lafayette. Fermée, couverte de planches, au sein d’une zone à la Beyrouth, rue éventrée, policiers et barrières partout.

Scène poignante dans le métro, station Bellecour: une grosse dame noire hurlant après les cinq ou six CRS qui l’entourent, demandant pourquoi ils contrôlent son identité à elle, elle est frrrrançaise, elle! C’est sa tête, c’est ça, parce qu’elle est noire? Mais elle est en règle, il y avait plein d’autres gens, pourquoi elle?! La dame hurle sa colère et sa frustration, les flics ne bougent pas, visages impassibles, ne répondent pas. J’ai l’estomac qui se noue, honte de ce pays où l’on persécute une simple femme parce qu’elle est noire.

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