#1439

Firenze / 5 (où le capitaine parle d’ombre)

Florence, Firenze: ce simple nom évoque l’éclat de la Renaissance, les fastes des Medicis, ceux de la famille Bonaparte puis des grands-ducs de Lorraine. Mais qui dit éclat ne dit pas pour autant « lumière »… Et la ville au bord de l’Arno n’a rien de très lumineux, en définitive. La pierre y est relativement sombre, et alourdie par l’esthétique du « bossage », le fait de conférer aux énormes blocs du bas des palais un aspect brutal, mal dégrossi. De plus, les rues sont étroites, comme il se doit dans le sud: peu de lumière pour pénétrer dans les rues et dans les cours. Tout celà — et désolé pour le « sacrilège » envers la Renaissance — mais tout cela manque de grâce, sens la pesanteur médiévale. Il faut lever les yeux très haut, pour avoir une vision de légèreté. Car en s’élevant, les palais se font plus élancés, plus gracieux enfin. Et les dômes procurent à Florence non seulement ses principales icônes, mais aussi (surtout) la beauté de ses toits. Ah, somme toute, c’est assez logique pour une ville qui voulait être plus près de toi Seigneur. Le Duomo, bien entendu, absolument colossal, mais aussi quantité d’églises, et puis faisant contraste avec ces collines de tuiles, l’arrondit d’un vert aigu de la synagogue, et là-bas un haut dôme vitré.

(à suivre)

2 réflexions sur « #1439 »

  1. Ca me paraît naturel que les villes du Sud soient sombres. Quand il fait chaud, tu n’as pas envie de grandes plazzas… Rues étroites (contre le soleil) et tortueuses (contre le vent, voir Montpellier…)
    Perso, j’adore le « bossage ». On voit bien avec ça que ces villes avaient une rue agitée et que les puissants voulaient blinder leurs maisons.
    La lumière, je pense qu’elle est à la campagne et surtout dans les tableaux…

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