#1648

Grogne, grogne: il a refait chaud aujourd’hui. Me suis calfeutré et ai bossé sur Harry Potter. Mauméjean m’a prêté un volume de Hildegarde von Bingen, philosophe chrétienne du XIIe siècle: c’est extraordinaire, un véritable manuel de magie! Lu aussi, ces derniers temps, le recueil qu’un jeune auteur français m’avait proposé il y a déjà un bail. Content je suis: c’est superbe! Zarbi, rigolo, vraiment très beau et original. Et cette langue! Je suis totalement conquis. Je l’ai accepté illico, ça fera l’un des quatre « Voltaïque » de l’an prochain (justement j’avais laissé encore ouverte une opportunité de publication). Non non, je ne vous dis pas encore l’auteur, faut bien conserver un peu de suspense. Mais pour moi c’est l’un des quelques véritables écrivains récemment issus du « milieu » de l’imaginaire.

4 réflexions sur « #1648 »

  1. Hildegarde ! Elle était aussi compositrice (dans le genre chant religieux polyphonique jolie alternative aux Grégoriens) et a du aussi faire des livres de cuisines et sur les canons dans l'architecture médiévale…

  2. C'était aussi la directrice de son couvent, et il paraît que c'était une vraie peau de vache (une « femme à poigne », comme on dit plus poudiquement). Elle a d'ailleurs, si ma mémoire ne me trompe pas, exercé également des fonctions politiques — ambassadrice peut-être. Ses compositions, affublées d'un accompagnement newageux, ont connu un gros succès il y a quelques années. Ce sont des chants où elle raconte comment elle se fait culbuter dans des extases hystéro-érotiques par le Christ lors de ses phases de méditation. La musique est belle, ceci dit.

  3. Toujours sur Hildegarde de Bingen, le neurologue Oliver Sacks consacre un très court chapitre à l'étude de ses visions dans son livre « L'homme qui prenait sa femme pour un chapeau » (bouquin récemment réédité en poche dans la collection Points du Seuil). D'après lui, il s'agirait de visions d'origine migraineuse :

    « [Ses visions] nous offrent un exemple unique de la manière dont un événement physiologique qui pour la plupart d'entre nous reste banal, haïssable ou sans signification particulière peut, chez une conscience privilégiée, être le substrat d'une inspiration suprêmement extatique. »

    Toujours dans le même bouquin d'O. Sacks, mais sans rapport avec Hildegarde, je recommande les chapîtres consacrés à l'homme qui n'arrive pas à reconnaître sa femme sur une photo (il la confond avec un chapeau) ou à celui qui se réveille en pensant que sa jambe droite est celle d'un mort que l'on a « collée » sur son corps…

    Erispoe

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