#1731

Retour d’un long week-end provençal. Il y avait un petit festival de « l’imaginaire » (terme politiquement correct qui depuis quelques années a gommé la notion de genres science-fiction – fantasy – fantastique, dont les noms devaient je suppose être aussi embarrassants pour la bien-pensance que « aveugle », « vieux » ou « instituteur », par exemple). Pile dans le village où j’adore aller de temps en temps, Lambesc. J’ai donc une fois de plus profité de l’hospitalité de la grande et belle maison de Mireille Meyer et Jean-Jacques Régnier, en compagnie du sieur Jaworski, tandis que l’on croisait le camarade Bellagamba et (entre autres) quelques Picholle, Noirez, Ecken ou Genefort de bon aloi — ainsi que des extraterrestres de couleur verte. Fort belle et étrange expo de Stéphane Rosse, dont je n’avais plus revu la signature depuis la fin des (vrais) Humanoïdes Associés. Mémorable pot-au-feu du samedi soir, merci Mireille. Et boulot un peu, tout de même (deuxième version du plan de cet Uchronies ! que je vais co-écrire avec Ugo). Un bon petit moment, quoi.

11 réflexions sur « #1731 »

  1. Le terme d'imaginaire, au-delà de son passif purement marketing (je crois me souvenir d'une table ronde à un Salon du livre, en 2003 ou 2004 où ce truc a été lâché), je trouve ce terme carrément plus pratique que tout ce bordel brinquebalant d'étiquettes pour collectionneurs.

    Rien de choquant ou d'outrancièrement politiquement correct à parler d'imaginaire, au contraire.

  2. le problème est que toute fiction est par définition imaginaire et que dire que certains genres de fictions font parties des littérature de l'imaginaire et pas les autres est une imposture.

  3. Un certain A.-F. R. avait déjà dit des choses ocncernant le terme d' »Imaginaire » dès 2000 in San Francisco, YS.
    Son anayse, rapide (il s'agissait de l'édito) mais intéressante, ontrait que lesl it gén cautionnaient leur manque d'imagination en acceptant ce terme plutôt que les Sf ou Fantasy…
    Professor X

  4. Jean > … Mais stigmatiser/doubler le terme de « fiction d'imaginaires » (avec un « s » peut-être?) est une manière d'insister sur la distance au réel. Je persiste, signe, crache par terre et sacrifie un pigeon parisien là-dessus.

    Ce n'est pas plus absurde que le roman réaliste (où l'on pourrait objecter qu'une fiction cherche forcément un « effet de réel ») Et ça na choque personne (pas moi, en tout cas).

  5. si ce terme de litt de l'imaginaire, avec tous les problèmes que j'y vois (et je suis d'accord avec Jean, aussi) avait eu pour résultante une plus large acceptation de ces littératures, amen. mais hélas ce n'est nullement le cas, il s'ouvre chaque jour des librairies « indé » en France, et presque toutes font preuve du mépris et/ou de l'ignorance (les deux allant main dans la main) qui sont habituels envers lesdits imaginaires, et donc, nous n'avons gagné aucune exposition supplémentaire, il demeure toujours aussi peu de libraires défendant ces genres (à mon avis il doit y avoir au maximum une vingtaine de libraires véritablement pointus et prescripteurs pour nos domaines). de plus, cette étiquette d'imaginaire accompagne un effacement de la SF au profit de la fantasy et de la « bite lit », au point qu'on en arrive aujourd'hui au phénomène consistant en la création d'un label Orbit… qui ne publie pas un gramme de SF en dépit de son nom et de son logo. youpi.

  6. Et c'est *justement* parce qu'aujourd'hui ce terme vous prend (les éditeurs) en défaut qu'il faut se l'approprier et avancer avec.

    Faire des défauts des qualités, tout ça.

    Maintenant, ce sont mes deux cents et vous en faites ce que vous voulez (à savoir un rire amusé et l'oublier avant l'heure du thé).

  7. En même temps, une banderole avec festival de la science-fiction, de la fantasy, du fantastique, de l'horreur, du merveilleux, de l'uchronie, du steampunk et des littératures interstitielles n'aurait peut-être trouvé de place pour s'apposer que sur les remparts de la ville — en espérant qu'il en reste de presque intacts.

    Quant à festival des littératures non-mimétiques, ne court-on pas le risque effroyable d'être un poil trop racoleur?

    Le problème n'est pas une question d'étiquette (en quoi imaginaire est-il un terme scandaleusement plus flou que science-fiction ou fantastique, termes que le grand public a toujours confondus allégrement — et c'est bien de manifestation grand public qu'on parle, ici, non? —, à une période où les ouvrages s'hybrident de plus en plus?), mais de reconnaissance par une certaine critique. Et quelle importance, vraiment, que telle ou telle niche ne soit pas bénie par des snobs alors qu'elle imprègne désormais toute la littérature?

    Et pour Orbit, faudra qu'il prenne la file, derrière le Cartoon network US qui a décidé de ne plus diffuser de dessins animés, et la chaîne Syfy, qui a choisi cette orthographe pour ne plus qu'on la prenne pour une chaîne de SF. ^_____^

  8. « Et quelle importance, vraiment, que telle ou telle niche ne soit pas bénie par des snobs » ? eh bien, genre: du coup un roman de SF publié en collec de SF décolle rarement, les ventes sont médiocres car il n'y a qu'une vingtaine de libraires pour les relayer et conseiller/provoquer le bouche à oreille nécessaire. tant qu'une majorité de libraires indés mépriseront les litt de l'imaginaire, ces domaines demeureront essentiellement voués aux seuls pavés populaires genre Bragelonne ou condamnés à l'obscurité.

  9. Oui, oui.

    Je ne vois pas bien le rapport immédiat avec la banderole d'un vague festival municipal.

    Dénoncer l'infamante appellation d'imaginaire me semble un brin anecdotique, voire hors-sujet. Les Anglais emploient directement SF pour stigmatiser la « mauvaise littérature« .

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