#2033

C’est fou ce que le quartier est redevenu délicieusement silencieux, maintenant que le promoteur de l’immeuble d’à côté a déposé le bilan et que les travaux des maisons adjacentes n’avancent plus qu’au ralenti… Je suis cependant mal à l’aise, fidgety, a bit depressed, a bit nauseous. Je pars me promener quelques jours à Paris, me dégourdir les jambes et de m’éclaircir la tête.

D’aucuns disent que le problème des voyages, c’est qu’on s’emporte avec soi — cela ne me pose vraiment aucun problème, sachant d’expérience que voyager me permet automatiquement de me changer les idées, de me donner de la distance et du repos. On s’emporte avec soi pour mieux se retrouver, si j’ose dire. C’est donc dans les rues agitées de Paris que je vais chercher l’apaisement — chacun son truc. Avec en prime plusieurs rendez-vous amicaux et deux rendez-vous pro (quand même). L’ami Jennequin me prête un appart, je ne sais si j’aurais accès à de la wifi pour pouvoir bloguer, mais quoi qu’il en soi j’espère rédiger tout de même quelques ruminations psychogéographiques. J’en avais en tête plusieurs sur mes trois jours de marche urbaine dans Bruxelles, mais le chagrin de mon retour les a effacé. That’s life.

#2032

I’m in the mood for a lot of Philip Glass and Steve Reich, these days. And as for the reading matter, I’m all over the place. J’ai déjà dit ici, de nombreuses fois, tout le bien que je pense de l’oeuvre de David de Thuin, notamment à l’époque où il publiait sa série Le Roi des bourdons. Ces derniers temps, il se consacre à sa propre veine d’autobiographie, et il vient de sortir Interne 2. Il y a dans la feinte simplicité de son dessin, dans la fragilité apparente de son trait, quelque chose qui me touche énormément; et dans le subtil humour avec lequel il met en scène des instants de sa vie de famille, une très belle justesse. Une autre bédé a m’avoir captivé ces derniers jours, c’est Asterios Polyp de Mazzucchelli. Un graphic novel sur la vie d’un architecte, traité en ligne claire, il y avait assez peu de chance que cela ne me séduise pas — je suis légèrement médusé, en revanche, qu’une oeuvre a priori si peu accessible, si peu évidente, rencontre un tel succès. Ce qui fait bien la preuve de la complète réussite artistique de ce projet, si limpide, si profond.

Pour ce qui est du « plein texte », ayant lu le dernier Jasper Fforde (One of Our Thursdays is Missing), je suis passé au deuxième Mark Hodder, du très amusant steampunk (The Curious Case of the Clockwork Man). Les enquêtes de Burton et Swinburne sont folles et échevelées, dans cette uchronie non plus victorienne mais… albertienne. Depuis Tim Powers et James Blaylock jusqu’à maintenant George Mann et Mark Haddon, il y a une jolie filiation littéraire, l’établissement d’une tradition du roman steampunk. Et puis, ayant lu Rêves de Gloire de Roland C. Wagner, il m’a semblé logique d’enfin me plonger dans la lecture de la bio d’Albert Camus par Olivier Todd — j’avais acheté ce pavé massif il y a déjà un bon moment, mais Mauméjean m’avait convaincu alors de lire une bio de Winston Churchill. Je vais donc cette fois à la rencontre de la vie de Camus et c’est fascinant, bien entendu. Cependant que j’ai lu un mince ouvrage psychogéographique sur Heathrow: A Week At the Airport d’Alain de Botton, rapport trop sage mais au regard néanmoins pénétrant sur son séjour d’une semaine au terminal 5 du grand aéroport britannique. Enfin, je me régale des Rivers of London de Ben Aaronovitch, écrivain issu du giron Doctor Who qui débute là une série de polars urbano-fantasy, dans une veine similaire à ceux de Mike Carey et de Kate Griffin. La magie, le polar, Londres, ses mythes, la légèreté d’un ton bien anglais, j’adore forcément, et il va me falloir commander le deuxième.

#2030

Nostalgie? Non, en tout cas pas au sens de regrets. C’est plutôt avec une certaine surprise, un peu incrédule, que je considère tous ces vieux Yellow Submarine — la production de tant d’années de passion. Une autre vie, en fait, dont mon souvenir est déjà imprécis. Sans regrets donc, puisque ce que je publie de nos jours satisfait ô combien mes forts anciennes aspirations éditoriales, mais il m’amuse de retrouver quelques-uns de ces visuels (une galerie partielle existe sur la nooSFere, viens-je d’apprendre)… Par ordre chronologique: couvertures par Patrick Marcel, Philippe Dupuy (avant Dupuy & Berberian), Lewis Trondheim (à ses débuts), François Schuiten, Michel Crespin, Bruno Bordier.