#6034

Le soleil en rayons éblouissants fuse entre deux nuages d’orage et fait luire la bourrache toute neuve dans un terrain vague, auprès des bouquets de coquelicot. Dans le nouveau quartier, les trois citernes devenues rouges se réinstallent, seule victoire patrimoniale au sein de cette dystopie cynique où rivalisent blockhaus géant et copies d’édifice fasciste. Des corbeaux bavassent au fond des rues molles.

#6031

Samedi matin au ravin du serpent, un joli petit lac bien caché sous la fac, où dans une douce senteur de vase nous croisâmes une faune en habit noir et blanc : foulques, cormorans et pies. Avant de baguenauder sur le campus, sous les pins odorants et dans l’herbe drue encore humide.

#6030

En ce samedi printanier, balade au jardin botanique de la rive droite pour observer les floraisons et bourgeonnements tout frais. Les grenouilles s’époumonaient, les chenilles processionnaient, les alevins frétillaient. Le reste de la promenade s’avéra plus minéral et moins attrayant, dans les vilains nouveaux quartiers aux immeubles serrés et médiocres où rien ne distingue plus Bordeaux de Villeurbanne ou de Massy : le nivellement par le vulgaire architectural.

#6029

Parti tôt ce matin, c’est avec une certaine alarme que, depuis ma fenêtre de bus, j’ai observé l’enchevêtrement précaire et confus de toutes ces mobilités urbaines, les piétons filant comme des dytiques sur l’asphalte, les vélos en frêles sauterelles, les hannetons des voitures et les grosses chenilles grises des tramways croisant les fils tressés par ces araignées de scooters, des trajectoires en tous sens qui agitent les toiles et la trame des rues.