#1431


Retour de Florence. Dans les prochains jours, nouvelle session de « oh nooon, le capitaine nous bassine encore avec ses diapositives ».

« The fine balance of truth in observing with the imaginative faculty in modifying the objects observed. » (Coleridge, sur l’art du travelogue)

#1430

Bonheur et soulagement: j’ai bouclé tout ce qui devait l’être avant mon escapade florentine.

Le Frankenstein et le Dracula sont chez l’imprimeur, les dernières pages du deuxième gros livre illustré avec Fabrice Colin sont rendues, la postface pour le Michael Coney chez Bragelonne itou. Bon, en rentrant il y aura à nouveau des tonnes de choses à faire et à écrire, mais pour l’heure: c’est fait. La fin de presque deux mois de marathon — je n’avais jamais autant écrit de ma vie, et ma foi c’est fort agréable.

#1429

Avant re-départ, cette fois pour une semaine de « vraies » vacances, à Florence, petit tour d’horizon de mes lectures récentes (mars/avril)…

Fenêtres de Manhattan d’Antonio Munoz Molina (contemporain, juste rééd chez Points, une jolie déambulation dans New York)

The Privilege of the Sword d’Ellen Kushner (de la fantasy de cape et d’épée, un cycle très attachant)

The Mislaid Magician de Wrede & Stevermer (de la fantasy pseudo-Austen, épistolaire ; un autre cycle que j’adore suivre)

The Kingdom of Bones de Stephen Gallagher (un petit polar très prenant, sur Bram Stoker)

A Room with a View d’E. M. Foster (enfin lu le roman, très amusant, après avoir tant de fois vu le film d’Ivory)

– Le Diable amoureux de Jacques Cazotte (classique du fantastique, XVIIIe siècle)

The Green Carnation de Robert S. Hichens (comédie anglaise se moquant d’Oscar Wilde et lord Alfred Douglas, à leur époque)

Northanger Abbey de Jane Austen (se moquant gentiment de la vogue du roman gothique)

Consider the Lilies d’Auberon Waugh (datant de 1968, une comédie anglaise grinçante et délicieusement réac)

– deux pièces et deux nouvelles d’Oscar Wilde (je vais poursuivre)

Notes From a Small Island de Bill Bryson (tous les humoristes sont aussi des moralistes, et donc souvent un peu réac: celui-ci l’est bien sûr un peu, mais c’est plaisant et fort drôle, une vision très agréable de la Grande-Bretagne ; longtemps que je voulais lire de ses travelogues)

The Yiddish Policemen’s Union de Michael Chabon (SF très très grinçante, une sorte de polar dystopique dans un cadre délirant de province juive coincée en bordure d’Alaska, à la veille de se faire virer par les Américains ; aussi marrant que superbe)

– et un bout du Tristram Shandy de Laurence Sterne. Et la bio de Shelley par Maurois. Et une bio des Shelley, de Polidori et de Byron. Et une bio d’Oscar Wilde. Et une antho de nouvelles brèves (et humoristiques) tirées de McSweeney’s. Et le Mauméjean en « Club Van Helsing ». Et une monographie d’art sur George Grosz. Et un roman argentin plutôt ridicule sur Polidori. Et un roman porno d’Oscar Wilde. Et quelques bédés. Et des tas de comic-books. Ah, et puis là j’ai commencé une bio de Jane Austen.

Hmpf, pas étonnant qu’il y ait tant de bouquins chez moi…

#1428

Après ce marathon parisien, ce fut destination Nice. Avec tout juste une heure de transit par chez moi, normalement — mais fort heureusement, la sncf dans sa grande mansuétude retarda d’une heure le départ du train nicois, ce qui me laissa le temps de me doucher, de manger et de répondre un peu au courrier. Sympa de leur part. Et à l’arrivée, une surprise préparée par le camarade Picholle: un joli appartement à ma disposition, vers l’université. Nouvelle uchronie personnelle: durant deux jours, j’eus l’impression d’habiter à Nice. L’occasion de ce séjour était un café littéraire, organisé au restaurant Loridan par la Fnac locale, autour de l’essai consacré à Robert Heinlein par Ugo Bellagamba & Eric Picholle, Solutions non satisfaisantes. Le débat se déroula de manière sympathique, mais le reste du temps je ne profitai hélas guère de cette ville que j’adore, car étant en retard dans des travaux d’écriture je restai cloîtré, tapotant sur l’ordi.

#1427

Sortant de l’INFL, je me demandai un instant que faire — mais un simple regard sur le plan du métro me renseigna: repos chez Jean-Paul puis repas avec Olivier. Un jour bien empli. Au lendemain, incomba tout ce que je pensais répartir sur deux journées: un peu de shopping (provisions de Jane Austen, mais aussi de Fables et d’autres tpb de chez Vertigo), un peu d’Orsay (exposition Lovis Corinth, un petit peintre allemand qui ne m’impressionna point trop, mais il est vrai que je ne goûte pas énormément l’expressionnisme) et enfin Vlaminck: des années que je parais avec mon ex-coloc que cet artiste fauve serait enfin « redécouvert », qu’on lui consacrerai une grande expo. Quoique… « grande » est sans doute terme trop fort, vu l’exiguïté du musée du Luxembourg. Mais heureux événement. Et grande découverte: au-delà de sa période fauve (et après ces quelques années à explorer l’art moderne, je crois qu’il s’agit de mon style favori), sa période pseudo-Cézanne, me fut une très belle surprise. Vlaminck y passe au sombre, sans rien perdre de lumière et de force. Sauf sans doute en reproduction: cette manière-là passe assez mal en offset, qui en éteint le feu intérieur.