Vu le pilote de « Bionic Woman ». Boring, boring, boring. Que des clichés. Débités avec un impassible sérieux. Et c’est cool, pour identifier les méchants, facile maintenant: ils fument, tous. La super-méchante explique même qu’avec ses super-pouvoirs elle peut super-réparer ses poumons au fur et à mesure qu’ils s’abîment. Wicked, eh?
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#1345
Toujours dans le genre « teen detective », j’ai relu hier soir un des tomes des Sans Atout de Boileau-Narcejac, une petite série de polars pour la jeunesse que ces auteurs avaient fait dans les années 1970. Je n’en avais pas relu depuis ma propre adolescence. Sans Atout contre l’Homme à la dague, 1971. Étonnant: tout comme Nancy Drew dans les années 1930 et Michel Mercadier alias le Chat-tigre dans les années 1950, François Robion alias Sans Atout est un fils de grand avocat de droit pénal, et, tout comme ses illustres prédecesseurs, il connaît l’existence d’un enfant de la très haute bourgeoisie. Les Robion habitent un hôtel particulier, avec valets et chasseur, papa roule en DS et fréquente châtelains et médecins, tandis que le jeune François, 15 ans, appelle sa mère depuis sa chambre sur le téléphone intérieur… Laquelle maman est une digne femme au foyer, dont on nous affirme que son intuition est infaillible (alors même qu’elle n’entend goutte aux manigances de son fiston chéri) et qu’elle « connaît mille trucs pour entretenir la maison ». Tout de même, elle se fâche: « Tu vois, François, on ne peut pas te laisser seul. On essaye de t’élever convenablement et puis, tout de suite, tu abuses. Tu te conduis comme ces garçons à guitare et à chemises à fleurs. » Tout cela est délicieusement réac. Dire que, de nos jours, on étudie ces ringardises au collège!
#1344
La littérature sérielle a encore quelques beaux jours devant elle, comme le prouvent les polars et thrillers à enquêteurs récurents, ainsi que les méga-séries à rallonge de la fantasy populaire. Il me semble cependant que, dans l’ensemble, l’art de la série télé a pris la relève de celui de la littérature populaire. Le rôle de divertissement de masse est sensiblement le même, le média est juste différent — plus efficace au niveau de l’agitation superficielle, c’est certain. Curieusement, alors que les films se multiplient, les producteurs télé n’ont pas encore réalisé que la fantasy pouvait aussi faire l’objet de séries. Mais la SF fait des beaux succès (la boutique NBC au Rockerfeller Center de New York débordait de merchandising sur « Heroes » et annonçait fièrement le lancement de « Bionic Woman », de toute évidence un remake des bons vieux Super-Jaimie), et je viens de me régaler de quelques épisodes d’une série britannique qui fait le pont entre les « teenage detectives » et la SF: « Sarah Jane Adventures », un spin-off des « Dr Who » destiné au jeune public.
Revu aussi un segment de la 3e et dernière saison de « Veronica Mars », en me délectant notamment de ses clins d’oeils: allusions à « Desperate Housewives » et à « Oz », scène en hommage au « Big Leibowski » des frères Cohen, pseudonymes délibérés (Adrian Monk dans un épisode, Carson et Nancy Drew dans un autre). Rob Thomas et son équipe avaient tout compris du plaisir de la littérature/série populaire et de leur mythologie.
#1343
Pour demeurer dans le mode « geek », j’ai également regardé, récemment, la mini-série américaine « The Lost Room ». Superbe suspense, idées très intrigantes, c’est un divertissement très réussi. Je ne peux cependant m’empêcher de me dire, anglophile que je suis, que réalisée par les Britanniques, cette série aurait certainement été à la fois plus percutante et plus originale… « The Lost Room » est chouette, mais sa force se trouve atténuée par des sottises typiquement américaines…
Genre: wow, trop fort, une clef qui ouvre toutes les serrures du monde!! Ben non: c’est une clef plate, genre coffre, qui n’ouvre que les serrures que l’on trouve au milieu des poignées de porte rondes typiquement américaines… Ou encore: les Objets sont disséminés dans le monde entier! Ben non: sur la carte qu’ils nous montrent, le « monde entier », c’est juste, quelle surprise… Les États-Unis. Ah ah! Et puis il y a les pitinenfants obligatoires: la gamine du héros, blonde et bouclée à souhait, et le fils mourant du « méchant », grands yeux de biche à souhait. Pitié… Tous ces américanismes excessifs, tous ces gros clichés de fonctionnement, amoindrissent une oeuvre qui aurait pu être de première volée, avec un peu de recul sur leur matière.
#1342
Mode « geek » on: je viens de voir la troisième saison de « Veronica Mars » et c’est toujours aussi excellent. Hélas, je viens aussi d’apprendre que la série a été sabordée par la chaîne. Zuuuut.
Musique: Neil Young, Andrew Bird, Elvis Perkins, « Shine » de Joni Mitchell, les premiers Stephen Stills solo. J’espère que c’est pas un vilain virus « country » que j’aurai choppé à NYC.