#1196

La grande plaie du boulot de petit éditeur, c’est vraiment les relations avec la Poste, entreprise de plus en plus abusive. Mes confrères de l’Atelier du Gué s’en alarment à juste titre et ont rédigé la pétition suivante, à signer sur leur site:

Soutien aux éditeurs indépendants et aux revues littéraires
Pour la libre circulation des idées

La Poste est un des outils privilégiés de diffusion des livres et revues littéraires des éditeurs indépendants, auprès des libraires, des bibliothèques et du public.
Or, les transformations de La Poste, l’abandon des tarifs particuliers ou intermédiaires, la libéralisation des services, les fermetures de bureaux, mettent aujourd’hui leur existence en danger. Ceci porte préjudice aux écrivains, à la création littéraire, aux éditeurs, aux libraires, aux lecteurs, comme à toute la chaîne du livre (graphiste, photographe, imprimeur…).
Des tarifs postaux abusifs, la réduction programmée à l’accès des tarifs « presse » par de nouvelles contraintes administratives, l’abandon des tarifs réduits (« coliéco » « sacs postaux de librairies »… le refus de La Poste d’appliquer le tarif « livres et brochures » sur le territoire national), etc… remettent en question la pérennité de l’édition indépendante, et par voie de conséquence, entravent le droit d’expression, réduisent l’économie du livre et affaiblissent la démocratie.
Des centaines de petites structures éditoriales sont aujourd’hui contraintes à réduire ou à cesser leur activité.
Les soussignés s’inquiètent de cette situation et demandent à l’Etat, aux ministères concernés et à la direction de l’entreprise publique La Poste de créer un tarif préférentiel pour les livres et les revues (indépendamment, pour celles-ci, de l’attribution, ou non, d’un numéro de commission paritaire), afin de garantir pour demain la diversité culturelle et la libre circulation des idées.

#1192

Hier soir, conférence d’Hercule Poirot. Ou presque. Tout y était: monsieur Poirot lui-même, bien entendu, réunissant dans la bibliothèque plein de gens pour leur exposer… ah non, pas un crime, mais la vie quotidienne d’un collègue catholique au XIXe siècle. Je m’explique: le conférencier d’hier soir est la personne qui a gentiment posée comme modèle pour la couverture des Nombreuses vies d’hercule Poirot. Sujet pointu comme d’habitude, mais en définitive très intéressant: une aperçue aussi amusante qu’étonnante du quotidien de l’Institution des Chartreux au XIXe, avec lecture d’extraits des articles du fondateur, François Yvrier, sur l’éducation, mais aussi d’une missive pleine de colère du cardinal de l’époque contre les pièces de théâtre, de délibérations sur les « amitiés particulières », de considérations sur la piscine de l’établissement ou sur les cours d’équitation, promptement interdits suite à une fâcheuse cavalcade. Bien qu’ayant été éduqué dans l’enseignement laïque (et farouchement athée), je suis assez fasciné par l’ambiance et l’histoire des Chartreux, situés pour moi quelque part entre une sorte de petit Oxford juché tout en haut des pentes de la Croix-Rousse et des atmosphères à la « Disparus de Saint-Agil ».