#2004

Mon ami Sébastien Hayez me remet à l’esprit que je voulais parler ici d’une initiative anglaise dont j’avais entendu parler par Stephen Fry: l’ouverture dans l’est de Londres, à Hoxton, d’une boutique de fourniture pour monstres. On peut y acheter aussi bien des peurs en conserve que des pots de morve, des outils pour resserrer les écrous de cou que de la marmelade d’organes.

Derrière cette belle boutique se cache le premier atelier du Ministère des Histoires, un organisme charitable visant à animer des ateliers d’écriture pour la jeunesse. Leur modèle est bien entendu les écoles « 826 Valencia » qui fleurissent aux États-Unis (j’avais visité leur boutique de fournitures pour super-héros, à Brooklyn). Esthétique identique, fonctionnement aussi. Et de même que c’est l’écrivain américain Dave Eggers qui a lancé cela de l’autre côté de l’Atlantique, outre-Manche c’est une initiative de Nick Horny — avec des profs exceptionnels tels que Zadie Smith, Roddy Doyle, Stephen Fry et Michael Morpurgo.

Je rêverai d’une même chose ici en France, à Lyon peut-être…

#2002

La nuit dernière, rêvé que j’étais à San Francisco, au milieu des collines et des maisons multicolores, c’était vraiment beau. Puis le rêve a glissé vers Brooklyn, et je me suis retrouvé à Bordeaux. C’était bien aussi. Je ne saurais en dire autant du bref mais atroce cauchemar qui a écourté ma nuit, au matin, mais bon. En tout cas, malgré mes envies de voyage, pas grand-chose en vue — juste trois jours en Normandie à la fin du mois, afin d’aller à Étretat sur les traces d’Arsène Lupin. Ce sera déjà ça.

#2001

Faut-il être maso, pour être écrivain? J’ai tendance à le croire, à voir le régime que je m’inflige en ce moment. J’ai en effet la tête dans trois bouquins à la fois (mon nouveau polar jeunesse, la trad du petit essai sur la psychogéographie et ma bio d’Arsène Lupin à refaire), c’est presque trop j’avoue… Et en même temps, j’y prends bien entendu un grand plaisir. C’est ça, être maso.

Je ressens une véritable excitation intellectuelle à traduire Psychogéographie! de Merlin Coverley — le domaine me passionne, je le pratique régulièrement, je lis en ce moment des bouquins dans le sujet, je vais prolonger le travail de Coverley pour l’adapter à la France… et pourtant, je n’aime guère, d’ordinaire, faire de la traduction. De même, écrire un autre polar jeunesse est un vrai plaisir, mais je retrouve cette sorte de « brûlure » que représente pour moi l’écriture de fiction, cet effort constant, cette tension que récompensent les petites épiphanies d’une trouvaille qui glisse, soudain, par la bouche d’un protagoniste… Et puis je lis des tonnes de trucs pour le Lupin, je prends une quantité de notes presque effrayante…

Hum, si avec tout ça je dormais bien, ça serait chouette. Mais non, insomnies et Cie, ça c’est pénible — et sur-fatiguant.