#1960

Un jour, mon ami Olivier, entendant un très léger accent mélancolique dans la voix de Jon Anderson, au sein d’un morceau de l’album Magnification de Yes qui venait alors de sortir, me dit qu’il était heureux que Jon ait toujours été un chanteur de la joie et de l’énergie, de l’optimisme, car si jamais il se mettait un jour à chanter quelque chose de triste, ce serait dévastateur.

Ce soir, mon ami Olivier m’a offert l’écoute d’un premier morceau de l’album que Jon Anderson a enregistré avec Rick Wakeman, The Living Tree, tout juste paru. Le morceau s’intitule « 23/24/11 ». Jon y chante la tristesse. C’est dévastateur.

#1959

Imprévue et infiniment délicieuse: une conférence ce soir sur Stendhal, aux Chartreux (l’établissement scolaire où j’ai situé mon polar jeunesse Le Voleur masqué et où j’aime revenir régulièrement pour de telles occasions). Par Philippe Berthier, professeur à la Sorbonne et co-coordinateur de la Pléïade de Stendhal ; voix rapide, claire, ton souvent drôle, propos volontiers subversif, le tout sur le rapport de Stendhal à l’Europe. Une heure et quelques d’éloquence et d’érudition présentées de la meilleure des manières: avec simplicité.

#1958

Revu « Judex » et « Nuits rouge » de Franju, a la fois drôles, poétiques, dérisoires, terriblement médiocres (incohérences de scénario, indigence des acteurs) et plastiquement superbes. C’est du « pulp » sur écran: délicieux.

#1957

Vous avez dit oligarchie? Cinq ministres et sous-ministres du gouvernement Fillon III sont natifs de Neuilly-sur-Seine, cette bonne ville ne comportant que 4% d’ouvriers et 17% d’employés, mais plus de 7000 foyers assujétis a l’ISF (record de France) – et ou l’on vient de saisir un autre beau record: 110 kg de cocaïne.

#1956

Ooooh, un jour de la Saint André tout blanc! Ça neige à gros flocons. Ce qui est bien, c’est que ne vivant pas dans un pays froid, genre Québec et autres lieux enneigés banalement, je ne suis vraiment pas blasé par la neige. Bien au contraire, je suis comme un petit enfant — j’en ai d’ailleurs vu un tout à l’heure, il se tenait plaqué contre le verre de la vitrine d’un restaurant, regardant au-dehors bouchée bée. Minus comme il était, c’était peut-être bien la première fois qu’il voyait la neige tomber. Et moi, rentrant chez moi après un rendez-vous en ville, de m’exclamer « Wahou trop bien ! » en voyant l’effet véritablement superbe des flocons illuminés par les projecteurs de la grue du chantier d’à côté.