#1869

Après trois jours de brainstormings aussi passionnants qu’un rien épuisant, retour enfin au deuxième tome de mon Dico féerique, sur lequel il me reste tout de même beaucoup de boulot…

#1868

Après mon séjour chez Mauméjean (je vais remettre ça début juillet, car le travail est loin d’être terminé sur le pavé holmésien), reprise en douceur, amortie en particulier par le passage quelques jours ici de David Calvo. Ma priorité maintenant est de finir de rédiger le deuxième tome du Dico féerique (et la Quête du Monde noir avec Colin, bien sûr). Mais tout de suite, trois jours de travail/réunions avec Julien Bétan et plusieurs collaborateurs: Sébastien Hayez pour discuter de nouvelles maquettes, Isabelle Ballester et sa copine Claire pour un projet Star Trek pour la Miroir, Nicolas Le Breton pour un projet aussi considérable que top secret, etc.

Lectures? Plein, plein: je fais une véritable boulimie de romans, en ce moment. Genre The Dream of Perpetual Motion de Dexter Palmer, un steampunk littéraire (par opposition aux steampunks généralement plutôt « pulp », romans populaires, que je lis aussi), qui étend donc au rétro-futurisme le phénomène de tous ces romans plus ou moins franchement science-fictifs qui paraissent en rayon littérature générale. Et superbe il est, ce roman: un homme enfermé à bord d’un dirigeable géant qui tourne autour des cités de gratte-ciels de la terre, dirigeable dirigé par des automates et équipé d’un système de propulsion à mouvement perpétuel (peut-être), cet homme donc, écrit ses mémoires. Son enfance, ses premiers contacts avec le grand inventeur dirigeant cette terre, avec sa fille… et à bord du dirigeable, sont aussi le corps cryogénisé du savant, et la voix désincarnée de sa fille, l’ancien amour de cet homme prisonnier du dirigeable, voix qui cherche à le faire parler et le poursuit dans tout le navire. C’est un peu froid, très « réalisme magique », fascinant… Et empli d’images frappantes.


Sinon, voyons voir: un polar rétro, Fromental et l’androgyne, de Demouzon &é Croquet, stylistiquement délectable mais ne pouvant s’empêcher de citer des gens célèbres de l’époque et de tomber dans le travers occasionnel du didactisme, c’est ce qui est gênant dans les polars historiques, on sent que ce n’est pas naturel. Et puis toujours et encore la vague steampunk (rien que dans les nominés du prochain prix Nebula, j’ai vu qu’il y avait un steampunk dans chaque catégorie « roman »!), qu’il m’amuse d’explorer en détail… C’est un genre qui se (re) déploie, s’invente ses archétypes, ses clichés, ses modes narratifs, toute une esthétique, je trouve cela fascinant. Lu donc Mainspring de Jay Lake (roman d’aventure absolument bourré d’images frappantes et de belles envolées d’imagination, mais dont la trama narrative demeure trop simple, juste une quête linéaire et juvénile) ; Changeless de Gail Carriger (deuxième de la série « Parasol Protectorate », très très amusant, vivant, inventif, vraiment j’adore cet auteur) ; The Osiris Ritual de George Mann (deuxième de la série Newberry, du bon polar steampunk avec des protagonistes attachants et pas trop simplets) ; Worldshaker de Richard Harland (australien traduit en France, pour une fois j’ai lu une — excellente — VF car la couv est superbe alors que celles des VO sont franchement hideuses ; c’est de la litt jeunesse, très agréable et aux prémisses assez étranges — dans un onde ravagé par l’industrialisation et les guerres sans fin de l’époque napoléonienne, l’élite des grandes puissances s’est réfugié sur des paquebots géantissimes) ; et là je viens de débuter Boneshaker de Cherie Priest (au texte imprimé en sépia, tiens, quelle jolie idée ; le début est excellent, superbe style, personnages avec bien de l’épaisseur, cadre qui me fait penser à du Miyazaki). Niveau essai, je lis sur recommandation mauméjeanesque celui d’Alain Corbin sur l’imaginaire des plages et des littoraux, superbement écrit et intellectuellement très séduisant.

#1867

Comme de bien entendu, le volcan islandais en avait retardé l’expédition depuis l’Angleterre… mais j’ai reçu hier le premier tirage de mon recueil auto-édité Bodichiev. Très curieuse impression, de s’auto-éditer, je dois dire. Un mélange d’amusement et de fierté, mais aussi de dérisoire — il s’agit juste de faire en sorte que ces dix nouvelles d’uchronie policière existent un peu, un tout petit peu.Voilà, c’est fait. À vot’ bon coeur.

#1866

Sujets d’irritation…

Toujours la pénurie de papier en Europe, va falloir sans doute qu’on trouve un troisième imprimeur pour autant de bouquins, c’est l’horreur, le compte-goutte infernal. Et la presse (!!) et autres médias de ne pas du tout parler de cette crise, tant de silence est assourdissant. Mais on ne va pas commencer à critiquer le système capitaliste qui permet aux Chinois de profiter du monopole sur le papier en Europe (eh oui) pour ruiner l’économie du livre indépendant, non, faut pas déc.

Un organisateur de festival qui voulait me faire payer mon billet d’avance. Ben tiens, j’ai que ça à faire, d’être trésorier pour bibliothécaires. Je trouve ça franchement inacceptable, l’attitude qui voudrait que les auteurs avancent des frais… Elles ont bien leur salaire chaque mois, les bibliothécaires, non? Hé bé, pas les écrivains, dites-donc, c’est fou hein? Et quand on connaît en plus les délais de paiement des bibliothèques… (bon OK, Sèvres rembourse vite, eux, au moins)

Une libraire qui m’a invité à un salon, m’a fait apporter des bouquins des Moutons (bonjour le professionnalisme, même pas de compte chez Belles Lettres et ça se prétend libraire), et… n’a toujours pas réglé la facture que je lui ai donné tout de suite. Elle m’avait dit avoir eu des « problèmes » avec Belles Lettres: j’imagine que le problème en question c’était qu’elle ne payait pas en temps et heure, visiblement. L’expérience de l’auto-distribution du premier Nicolas Le Breton m’a montré à quel point ces petits libraires « indépendants » pouvaient être peu scrupuleux, on a encore plein d’impayés après deux ans…

Le plus beau: le CNL (Centre National du Livre) vient de refuser aux Moutons le dossier d’une réédition/refonte complète du Panorama illustré de la fantasy & du merveilleux (subvention pour réalisation d’encyclopédie). On doit pas être assez biens pour eux, j’imagine? Le merveilleux c’est pas assez haute culture, j’imagine? Tandis que financer Tristram pour une « traduction » absolument ignoble d’un bouquin sur l’éternellement branchouille Hunter S. Thompson (c’est juste transcrit en français, mot à mot, tout le texte original se lit directement à travers chaque phrase), sous préface de l’éternellement médiatique Manoeuvre, tout va bien, normal. Prime au racolage commercial et punition pour la création intellectuelle originale.

Oué, je suis un peu grrr, ce matin.

#1865

Retour vers Lyon. Fin provisoire du marathon Holmes. Je ne réalisais pas l’ampleur réelle de la tache, lorsque j’ai décide de cette refonte totale – nous ajoutons tant et tant de choses que c’est vraiment une Bible holmesienne que nous faisons naitre, un boulot enaurme, comme disait Flaubert.
Pour me reposer de tout ça, vu samedi soir le clan Debaque – je ne me rendais pas compte que je ne les avais plus vu depuis 9 ans… Il y a avait aussi mon vieil ami Crazy Bird. Et puis hier, visite du Familistere Godin, dans l’Aisne. Des années que je rêvais de voir cette utopie réalisée, c’est fascinant, passionnant, et très beau, une page géniale d’histoire sociale. J’adorerai publier un volume sur les utopies, et je rêve toujours d’écrire un bouquin sur les utopies réellement bâties, mon article du YS ne m’ayant pas suffit. Bon, en tout cas j’ai pris plein de photos de ce formidable phalanstère de brique rouge.