#1853

Hier soir, mondanités. Vernissage de l’accrochage permanent de huit toiles de Scanreigh, à la bibliothèque universitaire de la Manufacture des Tabacs (Lyon 3). Belle initiative dans un très beau lieu, mélange d’architecture contemporaine et d’architecture industrielle ancienne réhabilitée, pour des tableaux frappants. Petits fours et cheveux gris. En dehors de l’artiste, je ne connais que deux galeristes — je discute avec l’un d’entre eux de l’opportunité d’un lancement d’ouvrage des Moutons avec une expo dans ses murs (autour des comics). Un photographe nous prend pour Lyon Clubbing, le galeriste me reproche de ne pas assez sortir. En repartant, je capte au détour d’une cour les propos sentencieux d’un étudiant sur Philippe Séguin — un étudiant en droit, forcément, il en a toute la prétention notariale et l’air déjà trop âgé. Quelle dérision, tous ces jeunes qui n’ont que hâte d’être des vieux.

#1852

Lectures: fini le délicieux et captivant Shades of Grey de Jasper Fforde (seul et unique regret: ce n’est que le premier volume d’une trilogie ; sinon, c’est absolument remarquable, il construit une société post-apo formidablement originale, une utopie très inquiétante). Commencé Cygnis de mon camarade Vincent Gessler, chez l’Atalante, qui sous une couverture superbe (ce qui n’est pas exactement courant chez cet éditeur) propose un texte lui aussi post-apo mais bien différent, très humain, très lyrique, le style d’une grande beauté me fait penser à Giono. C’est vraiment une oeuvre superbe — dans le contexte actuel sa publication me semble relever du miracle et je m’interroge sur la vente possible d’un roman aussi « exigeant », diront trop de libraires… Cela étant, ma libraire à moi que j’ai, voyant que j’achetais ce roman, m’a dit toute l’admiration qu’il lui inspirait — c’est chouette.

Pas exigeant du tout mais bien distrayant, Unatural Selection de Jonathan Green, premier tome du cycle « Pax Britannia ». C’est du steampunk trépidant, de la pure littérature populaire avec tout ce que cela sous-entend de clichés, d’action et de légèreté, mais cette aventure du dandy aventurier Ulyssses Quicksilver est très amusante et pas bête du tout, pleine d’images saisissantes et pas mal écrite du tout. Une sorte de mélange détonnant entre Doctor Who et Arsène Lupin, sur fond d’esthétique gothique. Steampunk encore, puisque le genre est à la mode en Angleterre, avec The Court of the Air de Stephen Hunt, gros roman d’aventure dans une esthétique proche de celle des Philip Pullman. Je commence juste, c’est très intrigant.