#2999

J’ai lu hier soir les deux préfaces de Timothée Rey à ses pavés chez Mnémos consacrés à Fritz Leiber, un boulot formidable. Je ne lis quasiment jamais de traductions (de l’anglais) mais là, il s’agit d’omnibus sans équivalents américains, c’est remarquable. Et en début d’une des préfaces, Tim se permet de citer Paul Morand, avec les précautions d’usage : eh oui, il est clair que Morand était un absolu sale type — il faut lire par exemple l’essai Le Soufre et le moisi de François Dufay (chez Tempus), ah ce titre formidable ! —, mais oui aussi, quel style, et les carnets de voyage de Morand demeurent très lisibles, sans le poids de l’idéologie rance du bonhomme ni de ses mondanités rassies, de beaux documents dans une grande langue. Quel style, oui, que j’admire vraiment comme travail de pure écriture – et je me souviens qu’un jour, Ugo Bellagamba m’avait fait lire le début d’une traduction de Babbit de Sinclair Lewis dans un vieux Livre de Poche à couverture peinte, et ces premiers paragraphes étaient du bonheur parfait — traduction de Morand, stylistiquement supérieure à l’original (même si le roman de Lewis est superbe).

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