Un jour, je me trouvais en voiture avec mon père qui conduisait. Nous avions cessé de discuter et je ne sais pourquoi, j’ai fermé les yeux. Me suis mis à imaginer quel paysage continuait à se dérouler de l’autre côté du pare-brise, cette campagne tourangelle connue et prévisible. Je déroulais la route dans ma tête, sur l’écran de mes paupières, tournant en fonction des mouvements de la voiture : des arbres, des maisons, des collines, des haies… Puis enfin, au bout d’un moment, je me décidai à rouvrir les yeux. Et fut un instant sidéré par le paysage, si différent de celui que je venais de me construire avec un tel réalisme : pas la même route, pas les mêmes arbres, pas la même lumière.
Archives mensuelles : février 2026
#6291
J’avoue qu’avec toute cette grise pluie mon mois de février fut plutôt « je m’enfriche » que « je fais 10 000 signes par jour », je n’ai écrit ces dernières semaines que deux nouvelles (et un article). Et bonheur, les deux viennent d’être acceptées, par deux revues. Du fantastique urbain. Enfin, aujourd’hui tout de même je me suis un peu remis au roman jeunesse situé dans le même univers : à force, des idées et envies me sont revenues, et j’en ai même un peu rêvé cette nuit, signe sans doute que je dois reprendre le clavier.
#6290
Je relis également des Charles de Lint, auteur de « fantasy urbaine » que j’aime de longue date, et me délecte de petites touches qu’il dépose. Comme cette maison qui « semblait plutôt être une bibliothèque avec un petit morceau d’espace à vivre », c’est chez moi ça. Ou ce personnage qui en a eu marre de Los Angeles : « elle avait le mal du pays et voulait un endroit avec une vraie météo ». Comme moi avec Lyon, quoi. Bon, sauf qu’en ce moment on n’a plus une météo, on a gris, gris, gris, pluie, pluie, pluie. A l’instar de tout le reste du pays, me direz-vous, quand ce n’est pas la neige qui est au rendez-vous. Pff, février c’est nul.
#6289
Dans le cadre de mon « projet fou » de relecture de toute la fantasy, je lis en général deux romans en même temps, et en ce moment l’un des deux est par Jonathan Carroll, ce monument — auteur étrange, inquiétant et jubilatoire hélas méconnu, et d’ailleurs il n’arrive plus à se faire publier même en anglais. Il y a un roman qui n’est paru qu’en polonais, langue que je maitrise assez peu je l’avoue. What a shame.
#6288
Un vide : presque chaque mercredi, lorsque je pars me promener avec un ami, j’emprunte la rue Jules-Verne et ne peux m’empêcher d’avoir en passant un regard toujours surpris et admiratif pour cet espace, là, au creux entre les deux pentes. Un vide dans la ville, cerné d’habitations. Un beau terrain vert — une pancarte y annonçait fut un temps des travaux qui fort heureusement ne se sont pas concrétisés : zone inondable, ce creux est le passage d’un ruisseau. Dans une zone urbaine, à un pas de la route de Toulouse où poussent des barres hideuses, ce vide est un événement. Tout comme le silence complet de cette nuit, ce calme immense après le chambard, le fracas, le pandémonium des deux nuits de tempête.