#264

Allez, permettez-moi un p’tit passage à la d’mon temps… (voix chevrotante)

Fut une époque où paraissaient tout un tas de fanzines — il s’agissait de petites feuilles de chou réalisées par des amateurs, tapées à la machine ou sur un ordi faiblard, imprimées tant bien que mal sur des photocopieuses (au mieux !) ou sur des ronéoteuses (aujourd’hui bien oubliées)…

Et puis la technologie s’est améliorée, les photocop se sont largement démocratisées, les ordinateurs également. Puis l’offset s’est mis à être un peu plus abordable, et les couv en couleur itou.

Mais la toile mondiale est arrivée, elle aussi — et les fanzines ont commencé à disparaître. Transformés soit en beaux bouquins très « pro » — genre du maintenant défunt Vagabond des Rêves ou de mon propre Yellow Submarine ; soit en beaux sites web faciles à mettre sur pied & pas coûteux du tout — genre de la 85e Dimension, qui est passée du statut d’affreux fanzine au look rétrograde à celui de rolls-royce des sites français de science-fiction.

Bref : je l’avoue, j’ai parfois un petit pincement, un léger regret quant aux « bons vieux zines » d’autrefois… Et lorsque, comme ce midi, je découvre dans ma boîte à lettres le nouvel opus de KWS, je suis plutôt content !

Parce que KWS n’a pas changé d’un iota. C’est toujours le zine le plus spartiate que j’ai jamais vu — des colonnes de texte, point. Propre, parfaitement lisible, mais sans fioriture : KWS est là pour vous parler de bouquins, faire des chroniques, that’s all. Et je dois dire que je suis toujours aussi passionné par ce qu’ils ont à me raconter : alors que j’admets une lassitude certaine quant à la SF en général, et une indifférence grandissante quant au fandom en particulier. J’ai feuilleté le nouveau Galaxies cette après-midi, presque en bâillant… Et ce n’est pas tout à fait de leur faute (ils ont même une nouvelle maquette fort agréable), mais bien plutôt de la mienne : je ne m’intéresse plus à tous ces potins & ne suis pas certain d’encore aimer tout à fait le même genre de fiction spéculative qu’eux…

La lecture de KWS, elle, me semble toujours passionnante : c’est qu’il y a (par exemple) Éric Vial, qui passe des pages & des pages à nous commenter avec (im)pertinence des bouquins ô combien pointus sur l’uchronie, ou qui nous traduit un article de Valerio Evangelisti à propos du Jihad de Jean-Marc Ligny. Ou une adorable lectrice de ce blog qui dit de belles choses sur mon propre Étoiles Vives 9 (hé, on n’est pas de bois). Ou bien René Beaulieu qui parle avec talent des nouvelle d’Élisabeth Vonarburg… Et encore : le maître des lieux, P.J. Thomas, n’a rien écrit lui-même dans ce n°43.

KWS parle de livres, en parle bien, ne fait que ça, ne mâche pas ses mots, prends son temps & sa place. J’aime. C’est un dinosaure, dans le paysage éditorial actuel, mais un dinosaure précieux.

Et c’est chez Pascal J. Thomas, 7 rue des saules, 31400 Toulouse, contre 10 € les 5 opuscules. Ou bien vous pouvez tout de même en consulter les anciens numéros sur le web, on n’y échappe pas (!), au sein du site des Quarante Deux.

#263

Ego time…

Signalons que je suis au sommaire de l’avant-dernier numéro de la revue québécoise Solaris. Pas distribuée en France, de toute manière… Je ne l’ai d’ailleurs reçu que fort tard, puisqu’en même temps que le numéro suivant (j’suis dans le 141, pour ma nouvelle « Volage »). Solaris est THE pilier de la science-fiction au Québec, une belle revue littéraire au format livre.

Et puis je suis également présent dans le numéro d’Epok de ce mois-ci, pour une p’tite intervention au sein du débat sur l’avenir (ou non) de la SF… (rire sardonique)

#262

A matter of life and death, so to speak.

Installé cette après-midi sur une pelouse, pour déjeuner, je m’étais assis sur la rembarde en bois de la bibliothèque, à l’ombre des petits arbres. Ceux-ci perdaient assidument leurs fleurs, des sortes de petits chatons duveteux rouge-orangés. Plongé dans ma lecture, je ne prêtai pas attention à un léger choc sur mon épaule gauche. Je supposai vaguement qu’il s’agissait d’un chaton de plus. Puis je réalisai que c’était un peu trop lourd — tout de même pas… ? Lentement, très lentement, je tournai un peu la tête. Deux nouveaux chocs légers & l’oiseau s’envola: un moineau m’avait pris pour perchoir!

Peu de temps après, alors que je me tenais toujours immobile, en pleine lecture, je surpris un mouvement sous mes jambes: un minuscule moineau sautillait, sans prendre garde à moi. Il eut même l’audace de lancer quelques gazouillis suraigus — quelles cordes vocales! Je passai quelques instants délicieux à contempler l’agitation de ces petites bestioles à plume, dans l’herbe & sur les marches.

Ce soir: fracas dans le couloir, sifflements d’oiseau! Nina a attrapé un moineau — je me demande bien comment elle fait pour ainsi rapporter des proies, d’ailleurs, alors qu’elle ne sort que dans l’escalier de l’immeuble & un tout petit peu dans la cour en bas, nue & bétonnée. Bref donc: un moineau! Pauvre bête, criant, sautant, paniquée. Mais qu’y faire? Les chats sont cruels, dans leur innocence. Je crois bien que le petit volatile a terminé son existence sous la bibliothèque des comics, dans le couloir…

#261

Je cherchais des documents sur le peintre belge Emile Claus, j’ai donc été consulter la seule encyclopédie d’art que je possède, L’Aventure de l’art au XXe siècle. Rien, pas la moindre mention ni de Claus ni d’un mouvement « luministe ». Bon, OK me dis-je, de toute manière il ne devait pas être très connu.

Saisi d’un doute, tout de même, je consulte l’index à la recherche de Rik Wouters. Rien. Et Léon Spilliaert? Rien non plus.

Ah ben bravo, les grands peintres belges n’existent pas dans ce bouquin?! Bonjour le racisme anti-belge primaire, le franco-centrisme de base… 🙁

Le Petit Robert des noms propres n’est pas si con, tout de même — y’a Wouters, Spilliaert, James Ensor… Pas d’Emile Claus, décidemment trop obscur, cependant… Enfin, heureusement il y a la ressource d’une recherche sur Google…

Pourquoi Claus, au fait? Juste parce que j’ai aimé ses tableaux londoniens exposés au Palais des Beaux-Art de Bruxelles, that’s all (mais c’est déjà pas mal)… Et que ça me fait un détail de plus pour des nouvelles…

EMILE CLAUS (1849-1924)

Peintre de paysages et de portraits, aquarelliste et graveur, il commence sa formation en suivant des cours de dessin le dimanche à Waregem. Mais son père, qui n’est pas convaincu de ses capacités artistiques, l’envoie à Lille pour apprendre à être boulanger. A l’âge de 20 ans, notre homme parvient à convaincre son père d’entrer à l’Académie d’Anvers. Afin de survivre et de payer ses études, Emile Claus travaille à la polychromie des madones et des chemins de croix dans l’atelier de l’artiste de Geefs. A la sortie de l’Académie, Nicaise de Keyser le prend comme assistant dans son atelier mais il en est rapidement exclu après avoir refusé de participer au prix de Rome. Pour subvenir à ses besoins, il donne des cours de peinture chez les particuliers et peint des portraits réalistes. Il connaîtra un grand succès. Dans les années 1878-1879, il entreprend une série de voyages, se rend en Espagne, au Maroc et en Algérie, dans des villes comme Barcelone, Valence, Cartagène et Tlemcen. Lors de son voyage de retour, il visite le Prado et les maîtres anciens l’impressionnent beaucoup. Ses œuvres d’Afrique sont exposées à Bruxelles en 1880. Ce sont des scènes très intimistes et d’une facture claire

En 1882, il s’installe à Astène où une nouvelle vie commence. Il garde malgré tout son atelier à Anvers et des contacts avec la métropole. Il rencontre Albijn Van den Abeele et le premier groupe de Laethem-Saint-Martin, Georges Minne et Karel Van de Woestijne. Il se tourne vers le Naturalisme, reproduisant des scènes de la vie rurale en plein air et de grands formats. Il se marie avec Charlotte Dufaux en 1886 et expose en Allemagne, Liverpool et la Nouvelle-Orléans. L’état belge achète une de ses œuvres : Sarcleuses de lin pour le Musée des Beaux-Arts d’Anvers tandis que le Pique-nique, acquis par le roi Léopold II, entre dans la collection royale en 1888.

Il passe ses étés à La Hulpe, chez Camille Lemonnier qu’il rencontre en 1890 et il y côtoie le couple de peintres Juliette et Rodolphe Wytsman. Sa facture change progressivement. L’artiste pose les couleurs en touches rendant le fond de ses œuvres plus flou et la lumière devient de plus en plus forte. Il est influencé par les impressionnistes qu’il voit tous les hivers à Paris entre 1889 et 1892. En 1892, son style devient complètement impressionniste. La couleur, fragmentée, est posée en touches vibrantes, nerveuses, dite « en virgule ». En 1891, il fonde avec plusieurs artistes à Anvers, le groupe des XIII, en réponse au Groupe des XX à Bruxelles. En 1894, il participe à l’exposition de La Libre Esthétique et dès 1895, expose régulièrement à Paris dans la galerie Georges Petit. Il fait de nombreux voyages, notamment aux Pays-Bas en 1895 et 1897 ainsi qu’en Italie en 1898-1899. Il représente les peintres belges à l’exposition universelle de Paris en 1900 et à la Sécession à Berlin. Les impressionnistes belges se sentent exclus des salons par rapport aux luministes et aux impressionnistes français qui exposent à La Libre Esthétique en 1904. La même année, ils décident donc de créer un cercle : Vie et Lumière. Claus y fait sensations et est considéré à cette époque comme un des plus grands impressionnistes belges avec A-J Heymans. Le cercle est alors invité à La Libre Esthétique l’année d’après. En 1906, Claus expose 52 toiles au Cercle Artistique. Il retourne en Italie en 1906 et 1908 et, invité au jury de l’exposition internationale du Carnegie Institute, il se rend à Pittsburg en 1907. Son succès est tel que Camille Lemonnier lui consacre une monographie en 1908. En 1911, il voyage en Normandie, passe en Bretagne et dans le Pays de la Loire. Il retourne encore en Bretagne en 1912 et séjourne à la Côte d’Azur en 1914.

La guerre éclate et, comme beaucoup d’artistes, il est contraint à l’exil. Il se réfugie pendant cinq ans au Pays de Galles et à Londres. De son atelier dans la capitale anglaise, il jouit d’une vue magnifique sur la Tamise. L’atmosphère de ses tableaux évolue. Le « smog », la pluie, la lumière tamisée perçant dans le brouillard, les teintes plus douces, font leur apparition dans ses œuvres.

Après la guerre, Claus retourne à Astène. Il est atteint de maladie et décède en 1921.

#260

Voyons donc, qu’ai-je lu durant mes vacances?

Je m’étais emporté Babaluma, la nouvelle enquête de Tem par Roland C. Wagner. Grand fan de cette série, j’en ai dévoré ce tome tant attendu avec délectation. Me reste encore à lire Le Nombril du monde Roland a rattaché ce petit roman à son cycle, faut que je complète ma connaissance de son oeuvre. D’ailleurs, le feuilleton de Bifrost excepté, ce doit être le seul bouquin de Roland que je n’ai pas encore lu.

Pour Denoël, j’avais à lire deux bouquins: le premier faux Ambre d’après Zelazny (The Dawn of Amber par John Gregory Betancourt), et l’étrange The Eyre Affair de Jasper Fforde.

Du premier, je dirai que c’est un roman tout à fait dans la lignée du cycle d’Ambre, je n’y ai rien vu de choquant… Le style est certes parfaitement/tristement plat (alors que celui de Zelazny était subtil), surtout constitué de dialogues très simples, mais cela fonctionne sans « couac », l’auteur étant assez intelligent pour n’oublier aucun détail… Commercial, mais plaisant: je m’attendais à bien pire.

Du second…

Thursday Next est une agente des Opération Spéciales – les services secrets chargés des différentes tâches d’enquêtes & de surveillances. Elle bosse dans une agence du niveau SO-27 : les LiteraTec, les brigades d’interventions littéraires, qui luttent contre le trafic de faux manuscrits, de faux ouvrages rares, de contrefaçons de textes, contre les comédiens pirates jouant de manière non autorisée les grands textes, etc.

Car le monde de Thursday Next est une uchronie étrange, où après avoir perdu la Seconde guerre mondiale, et avoir été occupée par l’Allemagne nazie, l’Angleterre fut libérée (et remontée) par l’action d’une sorte de multinationale nommée la Goliath Corporation. Dans ce monde, notamment, le Pays de Galle a fait sécession au XIXe siècle pour devenir une République socialiste, et la guerre de Crimée dure encore & toujours – la Russie est toujours tsariste et la guerre pour la péninsule criméenne se poursuit depuis plus d’un siècle… Ah, une autre différence, cocasse celle-là : la science n’ayant pas tout à fait pris les mêmes chemins, le clonage est courant & la mode est de posséder comme animal domestique une bête disparue reconstituée, tel qu’un dodo – celui de Thursday est un vieux modèle, un 1.2 nommé Pickwick.

Autre différence de taille avec notre monde : la littérature y est adulée, jouant le rôle que tant la télé que le foot, par exemple, peuvent jouer chez nous. S’en est au point où de nombreuses personnes font changer leur nom pour un patronyme d’&écrivain célèbre – le gouvernement a du mettre au point un système de numérotation des citoyens afin de distinguer, par exemple, monsieur John Milton 497 de monsieur John Milton 582… Des conventions ont lieu où tout le monde se déguise en John Milton… Les cartes de crédit se nomment Babbage, Newton ou Pascal…

Et lorsque le manuscrit d’un petit Dickens, « Martin Chuzzlewit », est dérobé, c’est un scandale national que le SO-27 se doit de désamorcer au plus tôt !

Mais le voleur n’a rien de commun : il s’agit d’un archi-criminel qu’on espérait mort depuis longtemps (en fait, il avait feint sa propre mort), l’abominable Acheron Hades, aux pouvoirs si étranges qu’il ne faut surtout pas prononcer son nom dans ses parages sinon il vous entend ! Depuis longtemps, le détective Fillip Tamworth essaye de mettre la main sur Hades – sa brigade, SO-5, n’existe même que dans ce but. Il pense qu’Hades a de nombreux pouvoirs anormaux, dont celui de pouvoir influencer l’esprit des ses opposants. Chaque fois qu’un simple flic a essayé de l’arrêter, ledit flic s’est soit suicidé avec sa propre arme, ou a donné celle-ci à Hades. D’ailleurs, des balles peuvent-elles arrêter Hades ? Les agents de SO-5 sont équipés de balles anti-char, des fois que des minutions normales ne suffisent pas. Et Hades semble aussi pouvoir ne pas être enregistré en vidéo ni photographié : Thursday Next est embauché par Tamworth car elle est justement l’une des très rares personnes à connaître Hades de vue – il fut autrefois son prof, avant le début de carrière criminelle. De plus, Thursday avait refusé à l’époque de coucher avec son prof, ce qui semble dénoter chez elle une force de caractère suffisante pour résister à la persuasion surnaturelle d’Hades.

Pourtant, leur première opération se termine par un échec atroce : seule Next survit, par miracle (la balle qui devait la tuer fut freinée par une copie de « Jane Eyre » qu’elle portait dans sa poche de poitrine, et un gentleman mystérieux lui est venue en aide alors qu’elle gisait inconsciente).

Alors qu’elle repose dans son lit d’hôpital, Next a la visite d’une extraordinaire voiture de sport multicolore, qui apparaît dans sa chambre. A son bord : un jeune homme qu’elle ne connaît pas, et une jeune femme qu’elle hésite à reconnaître, qui lui jette qu’il faut absolument qu’elle accepte un poste de SO-27 à Swindon… Cette jeune femme… c’est elle-même ?:

Le voyage dans le temps n’est pas inconnu dans ce monde : c’est l’apanage d’une brigade, dont le père de Thursday faisait partie avant de devenir un pirate du temps. Par moment, papa Next apparaît, gelant le temps autour de Thursday, et lui pose en général des questions sur l’histoire européenne – il semble tenter de « réparer » des dérives selon lui anormales, des retouches dont il accuse les « révisionnistes français »… Mais Thursday ne sait pas voyager dans le temps, donc comment est-il possible qu’elle se soit apparue à elle-même ? Et qui était le mystérieux homme qui l’a sauvée : il a laissé derrière lui un mouchoir aux initiales rappelant celles de Rochester, un des personnages principaux de « Jane Eyre »… Une idée étrange ? pas tant que ça : Thursday a eu une étrange expérience étant petite fille – elle passa un moment dans « Jane Eyre », où elle fit connaissance de Rochester avant sa première rencontre avec l’héroïne & narratrice du roman de Charlotte Brontë. Oublié car apparemment un fantasme d’enfant, ce souvenir revient narguer Thursday… Comment un personnage de roman pourrait-il exister dans la réalité?

The Eyre Affair est un roman infiniment astucieux, fort complexe et très amusant — plein de réparties rigolotes & de trouvailles ahurissantes (comme cette représentation de « Richard III » aux allures de « Rocky Horror Picture Show »…). Des aspects de ce monde demeurent à explorer – et en particulier son rapport avec le nôtre, d’où provient une telle uchronie. Une suite est d’ailleurs déjà prévue, Lost in a Good Book. Et quoique après tout l’idée de base de Jasper Fforde ne soit pas si neuve que ça pour le domaine francophone (une idée très similaire a déjà été explorée par Michel Pagel dans ses « Helix Pomatias » et par le bédéiste Tronchet dans ses « Raoul Fulgurex »), son exploitation en roman est très plaisante, très amusante, d’un humour & d’une gouaille pas très loin d’un Terry Pratchett. J’ignore si un tel bouquin pourrait être traduit en français — la surabondance de références littéraires strictement anglaises (Wordsworth, Trollope, etc) me semble constituer un certain handicape. Mais toujours est-il que je me suis vraiment bien amusé à cette lecture.

Sinon, qu’ai-je lu encore? J’ai terminé Easter de Michael Arditti — la chronique acidulée d’une petite paroisse anglicane de la banlieue de Londres. Amusant mais un chouia chiant, ai-je trouvé. La prose d’Arditti manque d’allant, à mon goût.

Lu deux polars: Piotr-le-Letton de Simenon (un bon vieux Maigret), et L’eau vive de A.E.W. Mason (un auteur anglais oublié, de l’entre-deux-guerres — ici dans une traduction française sans précision du titre original, dans la collection Nelson — à peine polar en fait, plutôt une gentille chronique désuète, de sports d’hiver & de mort mystérieuse). Commencé deux autres: King Solomon’s Carpet de Barbara Vine (très beau, très prenant, & entièrement à propos du métro londonien!) et Gun Before Butter de Nicolas Freeling (une enquête du flic d’Amsterdam, l’inspecteur Van der Valk — j’en avais lu dans le temps, en 10/18, et ai retrouvé cette bonhommie à la Maigret avec plaisir).

Et deux courts romans: Peter de Kate Walker (un petit roman homo australien, plutôt pour ado — amusant & touchant, je verrai tout à fait ça traduit en École des Loisirs, il en a la qualité & l’humeur) et The Weekend de Peter Cameron (récit faussement simple d’un week-end à la campagne, entre amis — une petite merveille d’observation, subtil & souvent bouleversant). Les deux avaient en commun d’être « highly recommended » par la librairie gay de Londres (Gay’s the Word) — et je fais confiance en leurs jugements —, d’être courts (plutôt novella que roman), et dans un petit format carré particulièrement esthétique.

Voilà, je crois avoir fait le tour, c’est déjà pas mal — ah non, j’oubliais: l’anthologie The Green Man de Datlow & Windling. Une pure merveille, depuis les illus de Charles Vess (mon idole) jusqu’à chacune des nouvelles présentées, toutes de fantasy contemporaine, lumineuses & fortes. Une des meilleures anthos qu’il m’ait été donné de lire.