#147

Oups. Je suis censé rendre compte ici de toutes mes lectures, mais il m’arrive d’en oublier… Donc, lu il y a un soir ou deux: Delicate Creatures de J. Michael Straczynski.

Un conte de fée, encore un — une jolie nouvelle de fantasy, en tout cas, enluminée par l’art de Michael Zulli & mise en couleur par Steve Firchow. Car elle a été publiée, célébrité de JMS oblige (c’est du créateur de la série télé Babylon 5 que l’on parle ici, hein?), sous la forme d’un grand album cartonné (chez Top Cow, aux USA). Bon, je ne sais pas si cette nouvelle justifiait un tel honneur, mais peu importe: reste un chouette bouquin, pour un beau petit texte, vraiment, et avec au final une idée (justement!) assez superbe quant à la nature du Petit Peuple…

Je me demande si Terri Windling la reprendra l’an prochain dans le Year’s Best Fantasy? En tout cas, c’est amusant comme JMS peut se prendre de plus en plus pour son copain Neil Gaiman — déjà le scénar des bédés Midnight Nation qui fait penser à un (bon) mélange de Barker & de Gaiman, là cette fois c’est jusqu’à l’illustrateur qui est typiquement « gaimanien »… 🙂

#146

On dit souvent que Bifrost n’est pas une revue vraiment intéressante pour ses nouvelles — par opposition à Galaxies, où c’est le versant rédactionnel qui est plutôt maigrichon… Hé bé, ça me semble de moins en moins vrai: le 25e Bifrost le prouve encore, que j’ai largement lu/parcouru hier soir, et avec toujours pas mal de plaisir.

La nouvelle de Johan Heliot, située dans le même univers uchronique que son roman La Lune seule le sait, est une merveille — très noire & très belle; le conte de fée de Bruce Holland Rogers est tout simplement renversant, incroyablement beau alors qu’aussi court — je pense que cet auteur est décidément très fort… Autant de nouvelles que j’aurai du/aimé publier dans feu-Étoiles Vives! Pas lu la Demuth ni la Thiberge, mais la Le Guin est un autre conte de fée valant le déplacement…

Quant à la partie rédactionnelle, elle est comme d’hab’ très fournie, vivante, passionnante. Bon, la couv est affreuse & l’humour de Cid Vicious me gonfle souvent, mais pour le reste bon sang, ça bouge, ça cogite, Bifrost est une revue de SF/F selon mon coeur. Oui, bien sûr: le fait que Bifrost aime la fantasy alors que Galaxies l’ignore (au mieux), n’est pas étranger à ce goût…

Tiens, j’ai vu la réédition en un volume de Khanaor de Francis Berthelot, par lesdits Galaxies: nulle part ils n’ont indiqué le mot fantasy… Tant d’ostracisme, tant d’aveuglement, ça en devient presque drôle (et connaissant l’humour tordu du Nicot c’est d’ailleurs peut-être bien un trait d’humour volontaire, en plus!).

#145

C’est grave docteur?

Londres, j’y pense… tout le temps. Littéralement. Je suis un peu cinglé, oui, je sais. Tout le temps, donc — et en particulier dés que je m’ennuie un petit peu, genre une tache routinière & répétitive à exécuter à la librairie, pouf, j’ai une « bouffée de Londres » qui me remonte en tête… Une ambiance, un lieu, un décor… J’ai l’impression d’avoir Londres en permanence au bord de la conscience, affleurant régulièrement. Londres comme fugue, comme paysage interne, comme utopie personnelle…

Bon, à part ça — quoique un peu Londres quand même: suis en train de lire Or not to be, le nouveau Fabrice Colin (avec en couv une belle illus de Maxfield Parrish, rien que ça! Veinard Colin, qui en n’étant pas étiqueté « fantasy » chez l’Atalante échappe aux croûtes boueuses de leur peinturlureur habituel).

Fasciné. Sous le charme. Quelle beauté & quelle force! L’est doué le Fab.

#144

Chouette.

J’aime bien qu’on me fasse des cadeaux.

Patrick m’a offert pour Noël une belle statuette d’un des maxi-monstres de Maurice Sendak (un des personnages tirés de son album classique Max et les maxi-monstres). Et Michel vient de m’envoyer une plaquette intitulée Victorian Cosy, publiée par l’asso holmésienne parisienne qui l’avait récompensé pour sa nouvelle « L’index brisé ». Nouvelle publiée dans ladite plaquette, donc, avec une nouvelle « d’effroi victorien », disons, et deux autres petites enquêtes d’Holmes par des amateurs. Sympa comme tout, tout ça.

Pour la petite histoire, cette nouvelle de Pagel, c’est moi qui en avait provoqué l’écriture — pour une antho commandée par un éditeur, puis abandonnée par ce même $£§*ƒ! d’éditeur. 🙁

Outre des nouvelles anglo-saxonnes (parmi lesquelles la Moorcock dont je donnais le lien l’autre jour), il y avait déjà aussi la nouvelle de Sylvie Denis parue dans l’avant-dernier Bifrost, une David Calvo que j’espère bien intégrer dans son recueil l’an prochain, et une Marie-Pierre Najman encore en rade pour l’instant…

#143

Lu: Lisbonne, voyage imaginaire, de Raphaël Meltz sur des illustrations de Nicolas de Crécy (Casterman).

Acheté pour les illus, bien sûr: De Crécy est un fabuleux artiste, au style très personnel, et si je n’aime guère les scénars de ses bédés, hélas, j’ai toujours adoré sa « patte ». Ici il nous offre des dessins grand format, une sorte d’exploration personnelle d’une ville, et c’est le bonheur! Amoureux comme je le suis des villes, je ne pouvais que craquer — d’ailleurs j’attendais ce carnet de voyage avec impatience, sachant qu’il devait sortir. De plus, Lisbonne est une ville qui m’attire bien — je sais que je serai peut-être déçu le jour où j’irai, un peu comme je fus déçu par Barcelone (je crains la crasse, par exemple…), m’enfin j’ai tout de même envie de la voir, de la découvrir…

Ici, Nicolas de Crécy griffonne des pans de mur, reproduit un fragment de trottoir, aussi bien que la vue d’une rue, le panorama à travers une fenêtre, ou une enfilade de toits… C’est totalement subjectif, pas du tout « touristique », ce pourrait presque, par moment, être une toute autre cité — et voilà un élément qui me séduit dans son bouquin: il déniche du « pas banal » aussi bien qu’une sorte d’universalité des villes…

Le texte pour sa part est un peu prétentieux de ton, mais astucieux dans le principe: l’auteur y colle, y compile, une foultitude de citations sur Lisbonne, afin d’en (re)constituer un portrait à la fois précis & impressionniste — alors qu’apparemment il n’est jamais allé à Lisbonne!