#142

Je crois bien que les chats émettent des particules inconnues de la science — des dormitrons, quelque chose comme ça. Du dodo, quoi. Car il n’y a rien que les chats fassent mieux que dormir.

En sortant de la boutique vers 14h, cet aprem, je suis un peu allé faire les soldes — pas de fringues, encore des broutilles décoratives, l’autre jour c’était une bougie décorée d’égyptien & de grec, cette fois une affiche de Mirò. Un tour à la fnagque (Tangerine Dream y est inconnu..) puis je suis rentré. Et moi qui pensais bouquiner, tu parles, la fatigue… Vidé je suis, besoin de calme, de… de rien, tiens: besoin de Rien. D’un grand bout de Rien bien blanc, bien cotonneux, bien silencieux, bien calme.

J’ai fait dodo.

Au grand plaisir de Nina, qui semble décidément adorer dormir avec moi. Sacrée petite bête.

Bon, si: j’ai quand même lu une petite bédé auto-éditée que son auteur, un mignon p’tit brun, a déposé à la boutique ce midi. Des haricots numéro un, par Lucas Méthé. J’ai tout de suite trouvé ça très beau — à la fois sobre & « griffonné », une patte bien à lui je trouve. Il s’agit de petits récits autobios, comme de juste en matière de bande dessinée « indépendante ». Touchants, des petites tranches de sentiments bien mis en scène. Lucas Méthé, 5 montée de la butte 69001 Lyon.

Je ne parle pas tellement ici des bédés que je lis: j’en lis trop, et surtout des drouilles — profession oblige. Si peu de bonnes choses… Dans l’ensemble, le domaine me semble écrasé par les bédés « réalistes », au dessin sans ombre ni perspective, anatomiquement maladroit — tous les daubesques produits pour courir derrière le fric de Van Hamme, et tous les machins historicos. Ou alors y’a le gros humour bien gras bien con.

Lu il y a peu, tout de même, très chouette: Le Legs de l’alchimiste. Chez Glénat, dans leur nouvelle collec historico-ésotérique (brrr). Une surprise donc, dans un cadre aussi craignos. Stylistiquement, un mélange de Christophe Blain & de Joann Sfar. Sous influence, le gars, mais que c’est beau quand même! Et une histoire zarbi/rigolote, de révolution populaire, de golem pas content & de petit cambrioleur minable. Avec un p’tit twist inhabituel dans la narration, ça m’a un peu rappelé du Peter S. Beagle. Ah oui, les auteurs? Euh, voyons voir: Tanquerelle (c’est le dessineux) & Hubert.

#141

En prenant dans ma bibliothèque In the Dead of Winter d’Abbey Pen Baker, l’autre jour, je me suis mis à admirer sa maquette, élégante & sobre — d’un degré de sophistication que peu de livres français, hélas, atteignent en général… (il s’agissait d’un hardcover américain, faut-il préciser)

Sur le coup, je n’ai pas prêté une attention particulière au petit dessin d’une araignée qui trônait sur l’une des premières pages, en regard du titre. Une araignée en illustration d’un polar, voilà qui n’offrait pas une grande surprise.

Seulement voilà… Ce roman, je l’avais acheté l’année de sa parution (en 1994 — dans une petite librairie de polar près de Covent Garden, à Londres, dont j’ignore si elle existe encore) et ne l’avais pas ouvert depuis. Et l’araignée… est bien réelle! Il ne s’agit pas d’un dessin, comme je l’avais cru au départ, mais bien d’une véritable petite araignée écrasée/séchée là, pile en face du titre. Bel hasard.

Lecture très agréable, sinon, que ce polar — astucieux & bien conduit, et ouvrant une perspective inédite sur la carrière de Sherlock Holmes — puisque c’est ici sa fille (!) inconnue qui mène l’enquête, fille qu’il aurait eu avec LA femme, Irène Adler. Les auteurs (autrices) récents d’hommages holmèsiens s’ingénient souvent à mettre en scène des personnages féminins, trop rares & trop marginaux chez Doyle. Ainsi Carol Nelson Douglas narra-t-elle les enquêtes d’Irène Adler, herself, et Laurie King s’attache-t-elle aux pas d’une tardive apprentie/épouse d’Holmes — avec énormément de talent. Et ma foi, je trouve que cette Abbey Pen Baker (inconnue & apparemment seulement l’autrice de ce tome-ci — dommage, j’en aurai bien repris pour un « tour ») ne déchoit pas de la comparaison avec les deux grandes dames précédemment citées. J’avoue même m’être fait prendre vers la fin, par un élément que je n’avais pas vu venir — chapeau, un délice holmèsien comme je les aime.

Sinon, j’ai exploré ces deux derniers soirs les entrées du Oxford Companion to Children Litterature — j’adore les encyclopédies d’écrivains, et celle-ci relève d’un domaine que j’aime tout particulièrement, bien sûr. Les entrées pour des écrivains récents sont (trop) maigres, je trouve, il y a même beaucoup d’absences inconvenantes — Jane Yolen ou Lawrence Yep sont parfaitement inconnus en ces pages, de même que Chris Van Allsburg ou David Wiesner, par exemple! Et le tout est d’un anglo-centrisme forcené. Mais qu’importe: pour les auteurs « classiques » les notices sont longues, vivantes, vraiment passionnantes.

#140

A lire: un pastiche de Sherlock Holmes par Michael Moorcock. The Further Adventures of Sherlock Holmes, The Affair of the Texan’s Honour. Une des plus belles nouvelles-hommages à Holmes que j’ai jamais lu. Déjà publiée par deux fois sur papier. En écrira-t-il réellement d’autres?? (il indique « 1 sur 13″… Hum…).

Et pour parler de Michael Moorcock, il n’est pas vraiment tendre avec The Lord of the Rings, dans la (toujours épatante) newsletter humoristique de Dave Langford, Ansible:

« I actually saw Lord of the Rings (en famille — that is, the nieces and in-laws watched, Linda snored gently through most of it, to wake up occasionally to utter a snort of irritation, and I had to leave twice in spite of me bad legs, just to get away from the boredom. Wow). Okay, Mr Langford, ask your readers this — since Prof Tolkien pooh-poohed most science fiction for not being logical in its world-building, especially its languages, of course, and since he swore that this was not a post-holocaust fantasy, how come these early industrial revolution kulaks, with sophisticated metal working skills, gunpowder, focussing lenses and advanced printing methods, couldn’t make one simple fucking cannon and blow the bad guys off their keeps in a trice? Jesus, they could put an intercontinental ballistic missile together with the resources I spotted in Hobbitville without even thinking about it, since my eye kept wandering off the leprechauns and wizards. […] It’s the last fucking unicorn opera I watch in a long while. Frankly, Star Wars was a lot more convincing and I thought that was crap, too. »

#139

They did it again! m’écrivait l’autre jour mon copain Patrick… Et argh, c’et vrai! Encore un nouveau jouet splendide…

J’adorais vraiment le Cube: beau, simple — et parfaitement silencieux, ce qui me semblait le plus bel argument possible pour un nouvel ordinateur. Hélas, il n’a pas marché. Ceci dit, le New iMac me semble lui aussi extrêmement séduisant!

Je me tâte: vais-je craquer et enfin acheter un nouvel ordi pour remplacer mon vieux G3 gris qui, certes, fonctionne toujours très bien, mais commence à me poser de nets problèmes de compatibilité? Hum, m’endetter ne me dit pas trop, mais d’un autre côté j’aimerai vraiment avoir un graveur de CD, pouvoir utiliser un appareil photo numérique, ne plus subir l’encombrement de mon écran, tout ça tout ça… Une interrogation tout de même: ces New iMac sont-ils silencieux, eux aussi, comme l’était le Cube?