#6276

Pleuvoir sous le soleil, s’agit-il d’une spécialité bordelaise ou serait-ce une facétie océanique plus répandue ? Je me souviens encore de la toute première fois que j’ai constaté ce phénomène, je me trouvais à un arrêt de bus à Talence, en revenant de la fac, devant le reste de château qu’il y a là. Une chaleur presque tropicale pesait depuis un ciel de cuivre et soudain des gouttes tombèrent, dans un éclat de soleil qui les faisait étinceler. Ce matin, m’étant rendu au marché, j’admirais le fait que les trottoirs soient vernis de bleu par la lumière d’un ciel clair lorsque les piqures d’une bruine m’alertèrent d’une nouvelle pluie sous le soleil. Il fait beau, plusieurs fois par jour.

#6142

Faute de camarades disponibles et le soleil ayant montré le bout de ses rayons contre toute attente, la balade du samedi fut solo. Aux marges du quartier neuf où l’absence de toute exigence architecturale couvre Bordeaux de béton laid et concentrationnaire, recherche des dernières parcelles de beau.

#6138

J’ai songé à Graham Joyce, tout à l’heure. L’un de ses romans s’intitule The Ghost in the Electric Blue Suit et comme je faisais une grande promenade en ville, je vis près de la librairie Mollat un homme planté immobile sur le trottoir, vêtu d’un costume-cravate… jaune fluo, vous savez, ce jaune-vert qui tire sur les yeux et semble piquer le réel. Je n’ai pas osé le photographier, les fantômes étant susceptibles. Mais de la flore des trottoirs, c’est la plus étrange que j’ai observé ce jour.

#6137

Le poète beat Lawrence Ferlinghetti nommait cela un « fish-sky at morning », et vraiment on a bien un ciel de poisson plein d’écailles : après pluie et tempête, le calme revenu, c’est ciel bas et gris ce matin, vaguement fumeux, un peu nervuré de lumière, mais le plaisir de marcher quand même dans les rues avoisinantes, pour songer à Bodichiev et son univers, son voyage à New York (car que serait un Bodichiev sans un peu de voyage ?) et les enquêtes sur des fantômes.