La fin de traîne de la tempête me priva ce matin de ma coutumière promenade urbaine du samedi, cette si précieuse respiration avec un camarade, et je sortis donc à peine, le temps juste de me rendre à la librairie voisine acheter le nouveau petit Julien Gracq, avant que vents et pluies ne sévissent de nouveau. Et hélas le couvre-feu me coupe des balades faites à la brune. Lisant ce soir le premier Visa Transit de Nicolas de Crécy, je me remémore mes impressions d’une unique nuit sous la tente, que je fis au septembre du quinzième anniversaire des Moutons électriques, cette attentive et frileuse exposition au monde – l’inverse de ce qui nous est encore permis maintenant, en cette époque d’injonctions carcérales.
Archives de catégorie : journal
#2973
Oh ce froid. On a assez peu l’habitude des frimas, ici, étant donné la coutumière douceur bordelaise. Je devais me rendre aux Capu ce matin pour voir mon fils, il passera plus tard finalement et je ne peux prétendre être mécontent de ne point sortir par cette température. Un thé bien chaud et un roman, restons cosy. Et sans doute écrire un peu. Ledit fils me disait hier qu’il trouve que je blog beaucoup moins — c’est bien possible, amateur comme je le suis des descriptions, notamment (exercices de style que j’incorpore souvent dans mes fictions), j’ai eu tellement moins d’occasion de sortir en cette année défunte, et absolument aucun voyage, donc en vérité si peu à raconter…
#2971
#2970
Un long moment, je suis resté le nez en l’air, à regarder les tours jumelles du Sacré Cœur se hausser au-dessus des toits. Dans la lumière dorée de ce jour d’hiver, les deux torsades de pierre me frappèrent par leur réalité. A force de ne plus sortir, j’en oublierai déjà presque la beauté urbaine, le simple plaisir d’une architecture sous le ciel translucide. Des passants approchant j’ai mis mon masque et, pour me donner une contenance, suis allé m’asseoir sur un banc. Pas longtemps, juste pour un autre et bref moment de réel. Je m’étais donné pour défi de rejoindre le supermarché des quais en n’empruntant que des petites artères, afin de croiser un minimum de monde. Voilà la vie en temps de pandémie : rechercher cette solitude pourtant si aliénante, filer son chemin en étranger, juste le cœur allégé d’un peu de marche.
#2969
A long time ago, genre il y a 7 ou 8 ans juste avant de quitter Lyon, j’avais compté les romans alignés dans ma bibliothèque et étais parvenu aux alentours de 5000 volumes, et ma foi ayant recompté hier soir, cette quantité s’avère stable, du fait de mes « purges » régulières et en dépit des achats, hum, fréquents ; ça va. Oui je sais : petit joueur. En revanche, il ne s’agit là que des romans, je n’ai compté ni les essais, biographies et beaux livres (pas en quantité considérable), ni tout l’enfantina (quoique je n’en achète plus guère depuis que la crise sanitaire me barre le chemin de la brocante dominicale) ni, surtout, les BD : c’est dans ce domaine que l’acumoncellement devient grave au point que toutes les bibliothèques adéquates sont remplies — et ce, alors que j’ai « purgé » il y a peu, et envahi d’autres espaces. Damned and gosh.


