#2293

Il y a déjà dix-sept mois de cela, j’avais décidé avec Laurent Queyssi de réunir mensuellement différents copains bookaholics pour un dîner, le premier lundi de chaque mois. Les premiers temps, nous nous réunissions au préalable dans un pub irlandais puis nous divaguions de par les rues jusqu’à trouver un resto qui nous séduise. Mais cette méthode nous plongeais dans des lieux trop bruyants et pas réellement assez conviviaux pour une telle réunion-bavardage. Ces derniers mois, nous avions donc fait cela à plusieurs reprises à mon domicile, ainsi qu’une fois chez Laurent pour une barbecue estival. C’était très agréable, mais depuis le début nous rêvions de trouver un lieu d’accueil genre bistro ou resto, un havre comme celui qu’a déniché la soirée BD mensuelle « Neuvième case » dans la salle arrière d’un bar : le luxe d’un coin privé dans un endroit public. Eh bien, cette fois il semblerait que nous ayons fait la bonne pioche avec la librairie-galerie-bar Zone du Dehors. C’est là qu’hier soir, en lisière du quartier Saint-Michel, sur le cours Victor Hugo,  nous fûmes hébergé en soirée privée, pour notre 17ème repas SFBDciné. Et que souhaiter de mieux qu’une très belle librairie, où la « tendance geek » est cultivée et où, sous une haute verrière, l’on mange bon et sain? Ainsi devisâmes-nous jusqu’au-delà de minuit, tandis que la pluie heurtait le verre en chocs mats sous un ciel nocturne zébré d’éclairs, occasion pour Ludo et Patrick de discuter de blocage de miroir (don’t ask). C’était bien, quoi.

#2275

Apophénie et paréidolie. Il y a quelques soirs de cela, alors que je venais de regarder un concert de Santana, le moteur de YouTube décida soudain de me proposer un document sur les formes humanoïdes sur Mars. Intrigué, je regarde la chose… et découvre avec un mélange d’amusement et de vertige  le phénomène provoqué par les images transmises par le petit robot Mars Curiosity Rover, images que je vais de temps en temps admirer (d’où certainement ce lien subitement proposé). Des fanas d’ovni et de théorie du complot scrutent les images à la loupe et ne cessent apparemment pas d’y discerner des tas de ce qu’ils nomment des « anomalies » et pas mal de silhouettes humanoïdes… Et de passer leur temps à expliquer tout ça sur YouTube, avec force entourages en rouge, grossissement de pixels et, la meilleure, voix truquée pour faire robotique (wtf). Au sein de tous ces oiseux exposés, j’ai retrouvé la fascination teintée d’un peu de malaise que je pouvais avoir étant môme pour les J’ai Lu rouges de « L’Aventure mystérieuse ». Prendre des vessies pour les lanternes de l’archéologie, voir des formes signifiantes dans tous les cailloux, estimer être d’indubitables sculptures ce qui ne me semble que bêtes rochers, et puis sur tout cela l’espèce de frisson de la science-fiction, un reflet du « sense of wonder » étrangement distordu — une base secrète sur Mars? des humanoïdes à foison? Ah, je voudrais bien.

#2269

Hier soir, rentrant de la soirée BD mensuelle (où PM défendit excellement l’ouvrage de son choix et où celui de Scott McCloud se fit étriller), comme j’approchais de la voie ferrée…. la belle surprise ! S’élevant de la tranchée ferroviaire près de laquelle j’habite, le crissement du chant de quantité de grillons. Sans doute logés dans les pierrés, les insectes s’en donnaient à élitres-joie, emplissant la nuit de cette stridulation pulsée. Après quelques pas dans ma petite impasse déjà le son ne s’en percevait plus, mais au-dessus des rails le chant des grillons semblait faire vibrer l’air nocturne.