Je pense avoir eu raison de la perfidie des chenilles vertes. J’avais trouvé une première de ces bestioles dans le pot d’une misère, au-dessus de mon bureau, mais les petites crottes apparaissaient toujours, chaque matin, sur le plancher. J’ai enfin trouvé la deuxième. Sinon, cette maison est vraiment celle des araignées, il y en a partout, discrètes ouvrières. Mais les plus inquiétantes de ces arachnides locataires sont sans doute celles qui se cachent dans les combles, énormes, velues et… électriques (l’on peut donc dire que j’ai des araignées au plafond, pour ceux qui en doutaient encore). Ce sont elles qui gouvernent les branchements des différents lustres, dont certains refusaient de s’allumer. Après plus de deux heures de combat acharné, les ouvriers sont tout de même parvenus à apprivoiser l’une des bêtes, pour qu’enfin dans le salon-salle à manger trop longtemps pénombreux, fiat lux, chaque lampe s’éclaire convenablement. En revanche, échec pour le moment au bureau, dont l’araignée électrique tutélaire semblait plus complexe encore.
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#2509
Il y a des jours comme cela, où je me sens bien peu rouchu, où tout me daille… Ah pardon, en français : des jours où je me lève déjà fatigué, un peu écœuré, où tout m’ennuie — vague à l’âme. Et puis un coup de sonnette du facteur, et à l’ouverture d’une grosse enveloppe, une belle, très belle surprise : un copain, ancien stagiaire des Moutons électriques, qui m’offre un ouvrage sur lequel il a travaillé. Et quel ouvrage, un carnet de voyage de Taniguchi sur Venise, dans la collection « Travel Book » de chez Louis Vuitton (car oui, le malletier Vuitton fait aussi des livres).
Dire que j’en fus touché serait un euphémisme, d’autant que ça a réveillé plein de choses en moi. La principale étant que j’ai « reconnu » la Venise que j’avais tant aimé, cette ville qui — avec un événement concomitant — m’avait plongé dans une état de joie persistant. Il y a des villes comme cela, qui m’ont inspiré du bonheur. San Francisco, Venise, Lisbonne… Je ne sais si je retournerai un jour dans aucune, je ne sais quel sentiment j’aurai alors, mais chacun de ces voyages m’a transpercé jusqu’à atteindre le petit nerf du bonheur, de la joie, celui qui vibre si peu souvent et si peu pleinement d’ordinaire.
SI j’étais riche, ah si j’étais riche, comme chantait Ivan, je n’aurai de cesse de voyager. Je suis bien chez moi, immensément bien depuis que je suis à Bordeaux, mais j’aime également voyager, et le fait de n’avoir jamais le moindre sou devant moi conduit à une certaine frustration dans ce domaine. Enfin bref, il est bien beau, ce livre de Taniguchi, avec son toilage, ses coins arrondis, et surtout la force de ses images, récit en aquarelles d’une sensibilité si juste. Taniguchi semble faire partie de ses personnes qui vivent dans un état permanent de nostalgie — c’est leur tension à eux, je pense aussi à Seth, par exemple. Je ne partage pas cette nostalgie, le présent me convient, mais je sais malgré tout apprécier leur sentiment, cette douce manière de considérer l’information sous-jacente au monde.
#2508
Humble bonheur du bookaholic : je viens d’installer les deux dernières étagères, dans mon bureau-bibliothèque, et d’y ranger les livres sur Londres qui ne l’étaient pas encore. Non, c’est tout.
#2507
Samedi frais et blanc d’automne, un jour à siroter du thé au caramel en lisant un auteur néo-zélandais de science-fiction, sur fond de musique d’Andrew Bird, un peu stone du sirop contre la toux.
#2506
Du quotidien du capitaine… Acheté trois nouveaux thés, afin de changer un petit peu. Rempli un monceau de papiers officiels, pour la compta, les impôts, les télérèglements, les subventions. Fais deux nouvelles couvertures d’Hélios, tout de même. Lu un polar. A l’épaule moins douloureuse suite à anti-inflammatoires prescrits par la compagne médecin d’un (vrai) ami. Enrhumé, trachéite, donc un peu ensuqué (en tourangeau : enchiffrené). Donné deux cartons de bédés et de bouquins à Laurent, c’est toujours ça de moins dans le fatras du couloir. Rangé la cave. Lu un autre polar. Acheté deux bédés que j’ai déjà mais dans de nouveaux formats que c’est si beau comme ça (Dupuis veut ma ruine). Expédié plein de colis. Reçu plein de colis. Mon assistant bosse hypra bien mais en plus il fait ultra bien la cuisine. Discuté de Mickey Parade sur FB, c’est quand même top. Attendre le nouveau Doctor Who tous les samedis c’est très top aussi. Vu un nanar de série Z avec Sherlock Holmes, des dinosaures et du steampunk. Lu un manuscrit super bon avec presque Fantômette dedans.