Champignac dans les ombres longues du matin. La rosée perle encore les prairies étincelantes, l’herbe hésite entre le bleuté et le franc émeraude, des touffes de menthe verte percent çà et là près de la mare toujours vide, beaucoup moins courantes que leur cousine blanche qui s’étale en massifs fleuris. Les chênes commencent à roussir. Champignac est un territoire diffus et immobile, un fragile moment de temps entre les haies d’arbustes et les hanches des grands arbres.
Archives de catégorie : journal
#5069
Levé avant l’aube afin d’arriver à Champignac pour l’heure du petit-déjeuner. Le ciel passe du bleu profond à un azur sale et incertain puis à un blanc ombreux qui vernis la ville de grisaille. L’éclairage urbain s’éteint soudain. Le tram approche, cyclope au front buté. Les nuages fuient en rangs serrés puis, enfin, se dégage la vaste coupole d’un bleu doré qui annonce de nouvelles chaleurs.
#5068
Une jolie formule de Jean Ray, la « houle verte » d’un jardin, citée par Serge Lehman dans sa robuste préface aux Derniers contes de Canterbury dans la nouvelle édition réalisée par l’Arbre vengeur. Un vraiment beau livre, hardcover et bichrome, de quoi célébrer enfin comme il se doit ce grand écrivain : il y a tant de grands livres de langue française qui jamais n’ont obtenu une édition digne, faute d’une culture de la belle reliure en France. Bref, je viens donc de me délecter de cette préface pour me (re) poser un instant, me trouvant encore dans l’état d’épuisement post salon Hypermondes. J’en ai même la vision trouble, ce qui n’est guère commode lorsque l’on bosse sur ordinateur.
#5067
#5066
En ce vendémiaire chaud et humide comme le fantôme d’un climat tropical, et en attendant la précipitation des jours d’Hypermondes à venir, je flâne et baguenaude un peu entre deux réunions. Fut hélas tristement déçu ce matin par une expo Chaland sottement noyée de pénombre épaisse, qui ne me permit guère de distinguer les belles pièces cachées dans l’ombre. Mes vieux quinquets exigent plus de lumens que cela.
