Cette nuit, bousculé entre coups de chaud et brises froides, entre draps froissés et oreillers doux, j’ai rêvé du corps d’un garçon, puis de la compagnie d’un autre, puis j’ai lu un bout d’un polar se déroulant à Rome dans des décors que je connais — la place Navone — et sur lesquels j’ai écrit, puis j’ai bu un peu d’eau fraîche et me suis assis dans le patio, au sein de la végétation indistincte, en me disant que déjà l’été s’achevait, puis serein dans ma solitude, au milieu du grand silence encore, suis monté me recoucher.
Archives de catégorie : journal
#5049
Nos pas n’inscrivent généralement aucun signe sur le papier des rues. Les pistes muettes des trottoirs chaussent les pieds des façades ; des bosquets d’ombre s’accrochent aux parapets, aux gouttières, aux caniveaux, aux crinières des arbres, sous leurs troncs. Le vent marin viendra-t’il encore nous laisser respirer la semaine prochaine ? Le rouge charnu du soir ne se perce que de rares silhouettes humaines et sans doute de quelques rats. Brindilles, fenêtres et pavés sont autant de joyaux, çà et là, une seconde, sous le ciel sale.
#5048
#5047
Quel silence ! Descendant hier matin la rue proche pour me rendre à la pharmacie, j’ai presque cru être devenu sourd tant l’épais édredon estival couve une ville déserte. Un long coup de trompe dans la tranchée ferroviaire, de sombres cloches d’église hier sous un ciel fumeux et rougeâtre, un petit enfant babillant dans une piscine, c’est bien tout. Dans ma micro jungle, les grattements de la merlette résonnent avec solennité. Tout est immobile.

