Les artères d’ordinaires vouées au mouvement organisent et laissent filer le grand, l’immense silence et la brise profonde, dans des éclats de soleil tardif. Encagée d’or, la ville respire sans un bruit et languissante.
Archives de catégorie : journal
#5047
Quel silence ! Descendant hier matin la rue proche pour me rendre à la pharmacie, j’ai presque cru être devenu sourd tant l’épais édredon estival couve une ville déserte. Un long coup de trompe dans la tranchée ferroviaire, de sombres cloches d’église hier sous un ciel fumeux et rougeâtre, un petit enfant babillant dans une piscine, c’est bien tout. Dans ma micro jungle, les grattements de la merlette résonnent avec solennité. Tout est immobile.
#5045
#5044
#5043
Assis au pied du séquoia immobile j’écoute le vent, ou plutôt, le bruit que provoque le vent dans les feuillages mobiles des autres arbres : à ma gauche l’agitation nerveuse des grands tilleuls et le cliquetis de la chute des bractées, et de l’autre côté le grand souffle de marée du bosquet de chênes et d’acacias, qui déferle en vagues bruissantes. Des bruines tombent parfois, qui atteignent à peine le sol.

