À considérer le paysage entre, disons, Tours et Angoulême par le chemin de fer, l’on serait tenté de supposer qu’il n’y a guère en ce pays que de vertes forêts, percées de nombreux cours d’eau de même couleur. Çà et là des champs blonds de leurs blés fraîchement fauchés viennent proposer une note agricole, ou des prairies pommelées de petits arbres.
Archives de catégorie : journal
#5037
[Week-end] Pins, fougères et bruyères : les futaies de mes souvenirs d’enfance, la forêt domaniale de Chinon. / Forêt alluviale de Bois chétif. Un paysage de chênes torves et de frênes fiers et droits la tête haute, en groupes de sentinelles murmurantes ou en files immobiles qui attendent le retour de l’eau, non loin d’un scintillement de Loire. La perspective verte des sentiers et la rousseur des vaches.
#5036
#5034
(Week-end) Les buses criaillent au-dessus des chênes, les moineaux se chamaillent, les pigeons roucoulent, les bractées du tilleul pleuvent en crissant, un merle s’égosille : tel se dessine le paysage sonore d’un recoin de verdure en bord de rocade. Les pâquerettes et crépides sèment l’herbe rase de flaques d’étincelles minuscules. Dans une allée, une grosse racine fait le dos rond comme un animal endormi. Abeilles et papillons tournent dans l’ibiscus, un merle gratte sous le mimosa.
#5032
(Week-end) Arrivé sous une bruine transperçante. Champignac maussade sous son habit de gris. Un chevreuil broutait paisiblement dans la prairie dépeignée. / Une main humide couvre la campagne et du ciel grisailleux flotte une bruine piquante. Foins coupés et bois mouillé parfument l’air. / Campagne frissonnante sous un ciel encore voilé. Les milans sifflent et les pigeons roucoulent. Un écureuil vient de passer sous les tilleuls. / Ne suis pas parvenu à prendre en photo les milans, qui tournaient très bas. Ils sont quatre, première fois que je les vois tous ensemble. Fini une vignette, simple prétexte à une scène d’ambiance, à la description de mes deux protagonistes — ce que je n’ai jamais tellement fait — et à l’évocation d’un tournant technologique de cet univers. 11 000 signes. D’une nouvelle supposée j’ai quantité de fragments épars, façon puzzle, et d’une autre seulement le début, façon esquisse. De quoi mâchonner tout l’été.



