Retour d’estive… Un peu de repos dans le Massif central, logé à 1400 mètres d’altitude. Par monts et forêts, avec quelques détours très Belle Époque (le funiculaire, le silence des villes thermales hors saison). Sous les frondaisons d’hêtres (vert clair) et de sapins (vert foncé), dans le moindre rayon de soleil dansent insectes et touffes de pollen. Au bord d’un lac, dans un bourg médiéval, par les chemins verts et dans les prairies fleuries de silène, de cerfeuil, de pissenlit et de bouton d’or (c’est ce qui parfume le Saint-Nectaire l’été… miam !), reliefs tout doux, immense verdure. En quatre jours, nous sommes passé de la froidure d’un hiver avec vestiges de neige, à un beau printemps très vert et gonflé d’humidité, à un début d’été en manches courtes, pour revenir dans un Bordeaux suffocant. Je reviens la tête pleine de belles images, du genre, c’est banal à dire, qui enrichissent la mémoire et peuvent éventuellement fertiliser un texte.
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Je publie depuis pas mal d’années, sous le pseudonyme d’Olav Koulikov, une série policière en uchronie, les enquêtes de monsieur Bodichiev (chez Koikalit et Folio, dernier volume à sortir en septembre prochain). Dans cet univers parallèle, la conversion du Tsar au bouddhisme tendance Grand véhicule a entraîné une désaffection de la religion chrétienne, au point que le Pape et la curie romaine ont fini par s’enfuir en Amérique du Sud. Mon parrain, archevêque, lisait mes fictions et me fit un jour le reproche de ce qu’il ne trouvait pas crédible un tel effondrement de son Église, installée depuis tant de millénaires dans la culture occidentale. Et pourtant : il me déclara cela à Rome, sur une place entourée de statues de divinités anciennes et oubliées. Si la religion de la Rome impériale, si bien et si longtemps implantée, a ainsi pu s’effondrer, pourquoi la religion catholique ne pourrait-elle pas à son tour céder la place à d’autres croyances ? À Rome, anciens temples et églises, statues des dieux de l’Olympe et figures chrétiennes cohabitent, se répondent, pourquoi les unes seraient-elles en ruine et pas les autres ? Ces questions de foi m’intéressent toujours, même si c’est dans un contexte aussi frivole de mes dix petits romans ou recueils d’uchronie policière.
À noter pour les curieux que la nouvelle « Les Ponts de Rome » (in recueil Voyages d’un détective à vapeur) fut écrite lors de ce séjour romain, et que l’hôtel où elle se déroule en partie est en vérité la Casa del Clero, où je logeais, à savoir une résidence du Vatican réservée aux prêtres.
#6332
#6331
Comme rando hebdo, un tour solo dans ce que je considère comme la Comté française (mes parents sont devenus hobbits en vieillissant), un recoin de Touraine où maisons et caves sont parfois troglodytes et où pointent dix curieuses collines sablonneuses, les puys du Chinonais. Me suis rendu au Perrou, la plus proche de ces « buttes-témoins silico-calcaires », délicieux écosystème de pins et de petits papillons bleus. Pour y aller, entre blés et vignes, un bien joli chemin.
#6330
Promenade au bout des quais afin de faire mon devoir culturel : l’expo Martin Parr. J’avoue n’avoir ni compris ni apprécié cette vulgarité un peu criarde, devant laquelle je suppose que l’on est censé ricaner. Plutôt triste et anodin selon mon regard. Tant qu’à donner dans le vulgaire, je suis allé manger des churos aux Quinconces. Acheté un Mallarmé à trois euros, c’est plus distingué, et échappé aux averses.




