#5004

Sonorités liquides de la nuit. Réveillé sans raison, j’entends au dehors le frétillement d’une légère pluie nocturne qui pleure sur le vasistas et, au rez-de-chaussée, les gloussements d’eau d’un radiateur ainsi que le tintement discret de la fontaine des chats. Je rêvais de l’océan, il y a un instant, je crois. Dans l’obscurité une rumeur monte : c’est l’averse qui enfle, emplit la chambre du bruit maritime de sa cavalcade puis se calme à nouveau, redevient une simple respiration.

#5001

La nuit dernière encore, j’ai rédigé en partie deux scènes, me suis même relevé un moment pour vérifier quelque chose… alors que je suis incapable de me motiver le samedi ou le dimanche dans la journée pour écrire un peu. C’est légèrement absurde et sans doute un rien déplorable pour ma santé, mais enfin le roman avance ainsi à petits pas nocturnes. Les trépignements feutrés d’une averse sur le vasistas accompagnèrent d’ailleurs ces notes ; au matin cependant une belle et grande lumière me rassura quant à ma promenade hebdomadaire, purement urbaine cette fois et touristico-librairienne, un terme qui devrait exister.

#5000

Voulant décompresser un petit peu durant une demi journée, en ce lumineux mardi je me suis rendu avec mon excellent ami Gerardo sur les traces du fuligule morillon, de la crépidule, de l’hélicette carénée, oh et de la fissurelle bien sûr, comme du grimpar, de la viscache ou du bézoard…
(Il est pas mal ce muséum.)

#4098

Un véritable hiver, le brouillard en plus, qui ne semble plus vouloir se lever. Les façades blafardes, les chaussées et trottoirs vernis d’humidité, les toits gommés dans un ciel d’ardoise crayeuse, la lumière voilée : toute la ville frissonne dans un lait gris.

#4097

Je me rends bien compte, en écrivant mon « grand roman », qu’il y est souvent question d’âge : une partie des personnages concernés se trouve au bord de la retraite, évolution de leur biographie oblige. Bon, il y aura aussi une jeune femme, deux jeunes filles, deux jeunes hommes… mais la thématique du vieil âge sera tout de même pas mal présente, c’est certain. Effet de mon propre âge bien entendu, moi qui me retrouve à discuter retraite dans des mails avec un vieux copain, par exemple. Un autre ami me dit sa tristesse de n’être pas dans le catalogue des 18 ans des Moutons électriques – catalogue surtout conçu pour les jeunes libraires et donc orienté sur le disponible / d’actualité, au détriment du fonds plus ancien qui n’y figure donc pas, hélas. Cruels arbitrages, des fois, en attendant des opportunités de nouvelles éditions. Et puis j’entends la porte d’à côté — un jeune couple vient de racheter la maison de la vieille dame, cette voisine que je regrette. Leur premier acte a été de couper tous ses arbres, les idiots. De l’autre côté, un autre jeune couple nouveau, aussi, avec un petit qui crie beaucoup, mais fort heureusement les murs sont épais et je ne l’entends que lorsqu’il sort dans la rue. Eh ouais, j’suis vieux.